Une personne inattentive débarquant de la planète football, en pleine grande messe rugbyistique aurait presque pu croire à une rencontre de "l'Ohèmeu" (Olympique de Marseille) contre les Verts  (AS Saint-Etienne) tant les couleurs de leur maillot semblent similaires avec - respectivement - celles du Racing et de la Section ! Mais non, je radote, il paraît que maintenant, à l'extérieur, les Marseillais jouent en bleu et en orange, tout soumis qu'ils sont aux desiderata de leur équipementier. On change régulièrement de style de maillot pour en vendre beaucoup plus et plus souvent. CQFD ! Si on touche aux fondamentaux - les couleurs - même dans le football... ils vont finir comme les stadistes, en fleuristes roses !

On peut saluer le travail de Jacky (Lorenzetti) et de son équipe qui, tout en développant - raisonnablement - les oripeaux gratuits (drapeaux, les banabooms, la feuille de match) et ceux de la boutique du supporteur (payants) fait en sorte que cela ne devienne pas tout et n'importe quoi, comme on le voit de façon risible de l'autre côté du périphérique... avec des éclairs rouges qui se sont transformées en... mignonnes petites fleurs roses !

Mais revenons un peu à notre match, même si je serai bref : pour avoir tout le détail, il y a le Midi olymique (le MIDOL, quoi !) pour ça ! Chapeau bas aux Béarnais qui - la semaine précédente - avaient battu le "ercété" (Rugby club toulonnais) d'un tout petit point, ce qui fait bien les affaires du Racing ! Equipe en forme ? Equipe "cramée" ayant un match d'anthologie et une honteuse bagarre générale, dans les pattes ? Comme le disent les Roastbeefs : "Let's wait and see" !

Après un début de match aussi mou qu'un baba dégorgeant de rhum râpeux et qui vit le Racing se prendre rapidement un essai, André, Bruno, Pascal et votre serviteur étions dans l'expectative d'une réaction de la part de notre XV. Elle arriva progressivement, avec une pénalité ici ou là, mais sans réelle saveur... Fort heureusement, il se produisit un truc comme je les aime tant au rugby: la réapparition d'un merveilleux diablotin espiègle jouant "en haut, à gauche", qu'on avait déjà repéré avec Bruno [treiziste toulousain du stade des Minimes devant l'Eternel] la semaine dernière et qui, lors de la mémorable "rouste" infligée par le Racing à Aurillac [mais oui souvenez-vous : les "aligots éléments" et tout le toutim...] n'avait pas démérité par ses coups d'éclat plein de panache, tel un lutin perpétuellement sous caféine ou un chihuahua enragé s'attaquant - sans rien lâcher - à un pitbull.

Là, il a inscrit deux essais dont un (le second) d'anthologie aussi beau, aussi fou, aussi flamboyant que celui inscrit par Sereli Bobo lors du match contre Tarbes. Pensez donc  : une course solitaire de plus de soixante mètres et je ne sais plus combien de cadrages-débordements ! Tout un stade debout pour l'applaudir ! Les supporteurs palois n'en croyaient pas leur béret [En fait, ce béret est bel et bien béarnais et non basque. Il s'agit d'une erreur de Napoléon III dit le petit, qui profita d'une occasion quelconque de diviser pour mieux régner !] et nombreux furent-ils à applaudir sportivement celui qui venait pourtant de porter l'estocade à leur équipe, tout comme les supporters du Racing qui appaludirent d'ailleurs le dernier essai inscrit par la section paloise à la 80e minute et qui était tout à fait mérité.

Mais qui est donc ce diable de Tasmanie ou plutôt de l'archipel des Tonga, haut comme trois pommes d'api, avec des dreads (tresses) qui lui donnent plus un air de balai espagnol que d'ailier et à la trogne pleine de "couture" ? Voici les trop rares infos que j'ai pu glâner sur le site du Racing : 1 m 71, 73 kilos, 27 ans et seulement 4 matches avec l'équipe première au compteur ! C'est aussi un international de rugby à 7.

Il s'appelle Mani Vakaola et il n'est officiellement que la doublure de Bobo et de Gaugau !

Mais retenez bien son nom parce qu'avec Bruno, on l'adore !