Pourquoi une petite souris ?

Une petite souris, ça se glisse partout. Mais alors vraiment de partout, et ce, même dans la poche de... Philippe Sarre !

Il faut dire que samedi après-midi, il s'en est passé une belle à Yves-du-Manoir, dans les coulisses du match Racing Métro 92/AS Béziers Hérault.

Lorsque l'aboyeur officiel du Racing Métro 92 a annoncé la présence du maire, un peu avant que ne fût donné le coup d'envoi, le public, plus absorbé par l'enjeu sportif à venir que par le présence de MM. Sarre, Danilo et... un grand rouquin qui le suit comme son ombre et que j'ai aussi vu le matin même à la kermesse de l'école maternelle Maintenon, a manifesté son enthousiasme par quelques applaudissements sporadiques ou par de l'indifférence polie. 

Par contre, lorsque le même aboyeur a annoncé la présence du conseiller général de Neuilly-sur-Seine, Jean Sarkozy, la réaction fut franchement plus hostile avec des "hous" des "bous" et j'ai même entendus des noms d'oiseaux, de moi parfaitement inconnus [à moins qu'il ne s'agisse d'oiseaux particulièrement rares résidant dans la réserve protégée et chic de l'île de la Jatte !]. Autant vous dire qu'en tribune V.I.P. la réprobation constipée se lisait majoritairement sur les visages des spectateurs, bien que j'ai pu noter quelques sourires de connivence, ici ou là, [sans doute le fait des zygomatiques d'anciens soixante-huitards passées du col Mao au col blanc et à la tribune V.I.P., par la même occasion !]. Du côté de la tribune principale, par contre, ça beuglait encore et toujours, emportée par un réflexe quasi pavlovien un peu exagéré tout de même.

Tout d'abord, Sarko fils - conseiller général - n'est pas Sarko père - président de la République - et quand bien même, ce sont deux élus, mandatés par nos concitoyens et à ce titre, nous leur devons le respect même s'il n'est que formel. D'autre part, il ne me semble pas choquant que des conseillers généraux (MM. Sarre et Sarkozy) manifestent l'intérêt du conseil général des Hauts-de-Seine [propriétaire du stade Yves-du-Manoir tout de même, bande de moules lobotomisées !] pour la capacité éventuelle de son locataire à remplir un stade dont il voudrait faire passer la capacité actuelle à celle d'un stade digne du Top 14. Le contraire serait très inquiétant pour l'avenir du futur stade du Racing à Colombes !

Revenons à l'aboyeur...

Pauvre aboyeur ! la dernière fois où il s'était fait huer de cette façon c'était il y a environ deux mois lorsqu'il avait eu l'outrecuidance d'annoncer, non pas les résultats de autres matchs de rugby en cours - en Pro D2 ou en Top 14 -, mais pour donner les résultats du match PSG contre je ne sais plus qui. Ca doit être dur d'être aboyeur : un jour sous les feux de la rampe avec un beau blazer et le lendemain au rayon saucisson chez Leclerc :"Allez y m'sieurs-dames, trois saucissons achetés, une enclume offerte !". Sympathy for ze aboyeurs...

Revenons à notre souris...

Puis, vint la mi-temps et son cortège de vessies à remplir ou à vider et d'estomacs à rassasier, parce qu'il faut bien se le dire messieurs-dames : le sport,  ça creuse et au stade, le bonheur est dans la frite ou dans la merguez mal cuite !

De ma place en tribune principale [excusez le conservatisme mais je suis abonné, d'où quelques pulsions de petit propriétaire, mais si l'an prochain le Racing montait en Top 14, ça me soignera car je n'aurai plus les moyens de m'offrir un abonnement qui risque bien de suivre le même chemin inflationniste que celui du baril de brut - pas épaisse - mais de pétrole ou "light sweet crude"] située en haut des gradins et proche du grillage séparant la tribune principale de la tribune V.I.P., je pus longuement observer les passes d'armes entre MM. Sarre et Sarkozy discutant à bâtons rompus ; ce dernier ayant la mine grave et très concentrée sur son échange avec l'autre conseiller général et maire de Colombes... Ils étaient seuls et discutaient d'homme à homme. Ils ont été ensuite rejoints par M. Jacky Lorenzetti, le patron du Racing métro 92 qui sportivement semblait vouloir équilibrer les échanges et atténuer la tension qui semblait sourdre entre les élus. Mais coquin de bonsoir, que ce sont-ils dit ? D'autant plus qu'après, Jean Sarkozy a quitté la tribune [mû par une furieuse envie de frites peut être ?] et il ne me semble pas l'avoir vu réapparaître à sa place, lors de la reprise.

Ah !  que n'ai-je le museau pointu, les oreilles courtes, un pelage doux et blanc, gris et noir ou même vert, comme dans la comptine ! Ainsi j'aurais-pu me glisser subrepticement dans la poche du maire et j'aurai pu tout écouter et tout vous relater. J'aurai aussi pu lui glisser à l'oreille :  "Philippe, ce n'est pas bien : tu as oublié ton écharpe ciel et blanche de supporter du Racing !"

Mais bon, depuis son élection, ça fait trois fois que je vois le maire au stade pour soutenir notre équipe  et toutes considérations politiques mises à part, ça fait plaisir de voir un stade plein à craquer [5 000 entrées payantes tout de même selon le MIDOL, ça change des 500 à 1 000 en moyenne de l'an dernier !] et nos responsables politiques locaux participer à cette fête populaire et bon enfant qu'est le rugby [z'avez déjà vu une maman allaitant son enfant le plus naturellement du monde en beuglant : "Vas-y Bobo !" lors d'un PSG/OM, vous ? Bon, c'est vrai que c'est impossible, vu que Sireli Bobo n'est pas footballeur mais rugbyman et puis quel talent !] Mais de grâce monsieur le premier magistrat de Colombes : n'oubliez pas votre écharpe la prochaine fois et ce, d'autant plus qu'en ce moment la boutique du supporter fait -20 % sur tout son stock ! Mais attention : il n'y a déjà plus de casquettes !