En parlant d'écologie, force est de constater que samedi soir, le président de la République et le Premier ministre en ont aussi fait acte volontaire par leur absence flagrante à la finale du Top 14 de rugby : la présidentielle limousine est restée au garage !

Pauvre Toulousains ! Pauvres Clermontois ! Tous ces pauvres Occitans "montés" à la capitale pour la finale, à Saint-Denis ! Ils ont dû se contenter de la seule présence de Bernard Laporte et de son ministre de tutelle, Roselyne Bachelot. Ces derniers au moins, ont semblé apprécier - l'intensité tragique à la limite du drame antique [Toulouse-Athéniens contre Clermont-Troiens] de - ce très beau match et le téléspectateur avisé n'aura pas manqué de constater à quel point Roselyne nourrissait une affection toute ministérielle mais chaste pour ce grand gaillard de Fabien Pelous !

Le "fifre" et le "sous-fifre" n'étaient pas là ? Oh mais ce n'est pas grave ! la joueuse de "galoubet" et le joueur de "petadou" étaient là ?

Mais revenons à notre primus inter pares de fifre et à son secundus inter pares de sous-fifre...

S'agit-il de maladresse ou de manque d'intérêt ? le courrier des lecteurs du Midi Olympique semble pencher pour le second cas ; l'emploi du temps respectifs de nos dirigeants ne semblant pas receler d'obligation protocolaire à l'étranger, ce soir-là.

Alors, le petit "monde" des aficionados du rugby est en émoi et un lecteur du MIDOL n'a pas manqué de faire remarquer qu'en France, il y a 30 clubs professionnels et que sur les 30 ; 27 sont situés grosso modo au sud d'une ligne imaginaire allant de La Rochelle à Bourg-en-Bresse...

Mais au fond, qu'est-ce que le sud de la France, cette terre d'ovalie ? ce Midi ainsi que l'appellent les uns avec leur immaculée bouche en cul-de-poule de laquelle pointent successivement envie cramoisie - au moment des vacances d'été - et mépris laiteux et verglacé le reste de l'année - sinon une terre qui a toujours été farouchement rétive à toute atteinte à ses manières d'être, de vivre, de parler, de penser ou de croire. N'oublions pas que l'union des terres occitanes à celles du roi de France s'est faite dans le sang d'une infecte croisade, soi-disant dirigée contre des hérétiques - les cathares ou albigeois - et contre leurs trop bienveillants protecteurs. Ces derniers, étant de fait les victimes de l'entreprise coloniale d'un ensemble géopolitique désireux de s'accoupler - par la force de ses armes bénies par l'orthodoxie du dogme papal d'alors - à un autre ; le second ayant pour seul tort de n'avoir jamais rien demandé au premier...

Et je ne parle même pas du destin au cours de l'Histoire des Corses, des Basques, des Nissarto-Savoyards... peuples et cultures aux droits bafoués, pour lesquels j'ai un profond respect et pour lesquels j'éprouve une tendresse toute fédéraliste et même "girondine" [dire qu'en en d'autres temps de tels propos m'auraient valu de subir le bûcher de Simon de Montfort ou la guillotine de Robespierre, deux fous furieux s'il en étaient !]. Celle-ci se trouvant même renforcée par l'intervention de l'Académie française [les Immortels respirent encore !] dans la récente querelle linguistico-constitutionnelle et par le refus - vent debout - de la France de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Et rendons grâce au seuls MoDem et aux Verts de s'être engagées publiquement, lors de la dernière campagne présidentielle en faveur de la ratification de cette dernière, si l'un ou l'autre de leurs champions venaient à être élus. Mais tel ne fut pas le cas...

Dont acte et prenons en de la graine.

Enfin, je m'égare, je m'éloigne du sujet et tel le tambourinaïre, le joueur de fifre (et de tambourin !) dont l'absence fut remarquée en cette soirée de finale... il faut croire qu'à vouloir être toujours partout, on est nulle part, ou du moins pas là ou il faut, quant il faut. Et dire qu'il ne s'agissait pourtant que d'un simple match de rugby  ! Voilà un sport qui ne cessera jamis de nous faire "barjaquer" et même "pantaïer" !