En effet,, M. Lorenzetti aurait trouvé jeté son dévolu sur le stade des Bouviers Bouvets situé à Nanterre ; la commune propriétaire de ce dernier est... Puteaux et là, ça se "corse" [mais attention, je n'ai pas dit du mal du baron Charlie, hein !].

Alors bien entendu, on peut pousser des grands cris et des soupirs, s'élancer dans de funestes diatribes, s'arracher les cheveux en incriminant la nouvelle municipalité en disant que ce n'est qu'une bande de nuls, incapables d'accompagner ce grand club professionnel dans son destin et d'envisager toutes les retombées favorables (économiques, visibilité médiatique retrouvée, image de marque dynamique de la ville...) qu'aurait la création de ce grand stade et le maintien à Colombes de ce club [un des plus anciens de France]. Ne disposant pas de toutes les données, je me garderai bien de donner un avis tranché. Toutefois, voici un peu de matière à réflexion qui sera - je l'espère - lue ou relayée par nos élus, majorité et opposition comprise...

Ce stade est une pépite pour la ville. C'est une pépite certes décatie [quand il pleut, il pleut dans les tribunes !] mais une pépite tout de même qui a accueilli des Jeux olympiques, une Coupe du Monde de football mais surtout, dans une période plus proche de nous encore, des centaines et des centaines de matchs de football et de rugby. Ceux qui en doutent n'ont qu'à aller le demander à Maurice Lobry ou à Jean Lassalle...

Le Racing-Métro 92, club professionnel résidant de ce stade est un des deux premiers clubs ayant disputé et remporté la première finale du championnat de France de rugby [4-3 contre le Stade français en 1892]...

De toute sa carrière - sauf une saison au stade Charléty -, ce club au palmarès prestigieux a joué à Yves-du-Manoir... Laisser le club partir et ne rien faire pour le retenir serait le signe évident d'une incurie flagrante et les électeurs ne manqueraient pas de s'en rappeler aux prochaines élections municipales...

Pour en avoir discuté quelques instants avec le maire, au sortir d'un match, le principal frein au projet de grand stade à Colombes serait la "mauvaise desserte" du stade par les transports en commun ; pas plus de 14 000 personnes à l'heure ne pouvant s'y rendre en même temps, selon la SNCF. A quoi servent donc des élus - si ce n'est de peser de tout leur poids sur les pouvoirs publics concernés par le dossier ? (mairie, conseil général, conseil régional, STIF) ? Et puis cet argument semble fallacieux pour plusieurs raisons :

  • Colombes dispose de quatre gares SNCF ;
  • près de 70 000 personnes ont pu avec les mêmes contraintes de transport venir à Colombes, assister à Yves-du-Manoir, en 1969 à  la finale Ajax d'Amsterdam/Benfica Lisbonne, lors de la finale de la coupe de clubs champions européens, le stade ayant à l'époque plusieurs autres tribunes, rasées depuis !
Avec quatre gares SNCF, ne serait-il pas possible - seulement les jours de matchs - :
  • d'augmenter la fréquence horaire des trains à destination des quatre gares afin de répartir l'arrivée des spectateurs et d'éviter un engorgement prévisible si elle se concentrait sur la seule gare du centre-ville ?
  • de mettre en place un système de navettes spéciales directes gratuites pour les voyageurs munis de leur place au stade en bonne et due forme, allant sans relâche et sans arrêt intermédiaire, des quatre gares vers le stade, afin de fluidifier l'arrivée des voyageurs ?

Des partenariats public/privé pourraient être envisagés, en ce sens, si les seuls pouvoirs publics (RATP, SNCF) n'étaient pas en mesure de satisfaire ce type de besoin "sur-mesure".

Soyons une ville "sport" jusqu'au bout et imaginons même dans le cadre du plan de développement des transports alternatifs que l'adjoint concerné par le dossier ne devrait pas manquer de présenter d'ici la fin de son mandat, si une mesure de type "Vélib" devait être implantée à Colombes, qu'il y en ait une immense station devant le stade Yves-du-Manoir afin de permettre aux spectateurs courageux de faire un trajet aller-retour depuis l'une des quatre gares au stade  et vice-versa.

Et puis, en conclusion, et s'il ne s'agissait que d'une grande opération d'intoxication de la part du club pour tordre le bras aux pouvoirs publics concernés et tout faire ce qui est en son pouvoir, pour faire le choix du coeur : rester à Yves-du-Manoir, à Colombes, mais dans un Yves-du-Manoir qui retrouverait enfin son lustre d'antan ?

Sinon, cela risque bien d'être le choix de la raison et le déménagement au stade des Bouviers [quel nom horrible !] Bouvets pourrait bien avoir lieu... Nanterre tirerait les marrons du feu et "Colombes, la ville sport" ne serait plus qu'un slogan poussiéreux que notre ville se ferait définitivement piquer par sa voisine...

Si quelqu'un à la mairie, au conseil général  ou ailleurs avait des réponses...