Ainsi, dès qu'un délit sera commis : crac, l'hélicoptère te prend le coupable en photo et envoie une version numérique de la bobine du malfrat aux pandores qui, n'ont alors plus qu'à aller le cueillir au pied de son garage s'il a un trop poussé sur le champignon ou dans une quelconque ruelle sombre, s'il en trop mangé... des champignons !

Sinon, il peut y avoir une version plus "roots" que l'hélico ou les caméras : les bonnes vieilles babouchkas comme du temps de Tintin chez les Soviets : et crac ! on réduit par la même occasion le taux de chômage des seniors et en grattant bien les couches stratifiées de l'histoire contemporaine, on trouvera même quelques faucilles, faux-cils, flûte fossiles prêts à reprendre du service comme en 14 en 17 (ben quoi, c'est bien connu la révolution d'octobre [calendrier julien] eut lieu en fait début novembre [calendrier grégorien, le nôtre, quoi !])...

Bon, trêve d'idioties et parlons un peu du sentiment d'ironie que m'inspire[nt] ces etats généraux cette prochaine réunion publique sur la vidéosurveillance...

Flash back.

Lors de la campagne électorale pour les municipales, j'ai eu l'occasion de discuter sur la place du marché du centre-ville avec une connaissance (dont je tairais le nom pour éviter qu'elle ne se fasse suspecter par ses comparses d'entretenir de bien coupables sympathies centristes ! Ouah l'insulte suprême pour tout gauchiste qui se respecte !) alors candidate justement sur la liste de la Gauche citoyenne. Comme nous avions des accointances communes et bien, nous nous mîmes... à en parler bien gentiment. Ca nous faisait l'un l'autre un petit quart d'heure de récré' parce que la politique c'est bien beau mais ça ne saurait jamais remplacer la famille, les amis, les copains et le Moulin-à-Vent quand même !

Et devinez ce qui se passa ? Je vous le donne en mille ! Nous fûmes illico presto entourés par 1, 2, 3 et même 4 de ses comparses "sinistro-citoyens" [ce qui auront fait un peu de latin comprendront sinon z'avez qu'à aller consulter le "Gaffiot", à la bibliothèque et trouver le sens du mot sinistra !] qui se sont arrogés le droit de s'incruster dans notre conversation et ce, sans vergogne, tant ils semblaient suspecter dans nos biens innocents échanges quelque langage codé par lequel nous nous refilerions des informations hautement sensibles et qui bien entendu risqueraient de faire capoter nos campagnes électorales respectives ! [ ce que nous réussîmes à faire respectivement tout seuls comme des grands. Enfin, ça dépend de quel point de vue on se place !]

Alors bon, caaaaaaaaaaaaamaaaaaaaaaaaaaaraaaaaaaaaaaaaades, c'est vrai : pourquoi se ruiner dans dans l'achat de bien coûteuses caméras ? Surveillons-nous, espionnons-nous, dénonçons-nous les uns, les autres mais surtout ne voyons plus de facto les crimes et les délits et le tour sera joué...

Mais je divague, je divague : dis-je vrai ? Vous nous l'écrirez si vous le voulez !

Débattre publiquement d'un tel sujet est un excellent exercice démocratique en soi et on peut - a priori - avoir envie de saluer cette initiative des Verts et des Motivé-e-s. Mais ne nous leurrons pas. Si on y regarde d'un peu plus près, ce débat me semble tout à fait stérile dans ses effets immédiats parce que j'ose espérer que les élus - majorité et opposition comprise - discuteront de ce sujet, lors d'une séance du conseil municipal, avec des chiffres à l'appui ; chiffres émanant du rapport qu'un cabinet d'audit indépendant [bon t'as qu'à croire que le cabinet sera indépendant puisque son gagne-pain c'est justement... les commandes transmises par les municipalités !], le tout à la sauce "expertises complémentaires" et autres "contre-expertises de contrôle". Bref, ça sera un débat mais un débat technique, se basant sur des faits mesurés et non sur un simple sentiment de sécurité ou d'insécurité.

Je crains malheureusement que ce prochain débat à propos de la vidéosurveillance qu'on nous a annoncé par tract le jour du Forum des associations ne soit qu'une occasion de plus pour certains de chercher à faire agir un maire dans un sens qui serait contraire à sa volonté intrinsèque, en essayant de lui "tordre le bras" à tout prix, en faisant ainsi une opération de "tripatouillage" de l'opinion publique et ce, dans le contexte du subtil jeu d'alliances politiques et de rapports de forces différentes  - parfois centrifuges, parfois centripètes, selon les dossiers - qui caractérisent toute coalition au pouvoir...

Aussi, sur la question de la vidéosurveillance, je suis (presque) d'accord avec le commentaire d'Alexis Bachelay sur Colomblog sauf sur sa fin qui concernait le désarmement de la police municipale.

Sur ce dernier point, je fais partie de ceux qui auraient souhaité que la décision de la désarmer soit prise non pas dans la foulée d'une campagne électorale triomphale mais plutôt à la lumière d'une étude se basant sur des faits et sur toute donnée quantifiable, mesurable... mais la politique n'est pas scientifique, alors...