Je me pose donc plusieurs questions...

Ladite caméra :

  • était-elle en panne et ces ouvriers étaient-ils en train de la réparer ?
  • a-t-elle été piratée par une bande de joyeux drilles, sectateurs secrets du grand Marcel Béliveau ou du très regretté Jacques Legras ?
  • fonctionnait-elle parfaitement et ces ouvriers avaient-ils eu pour instruction de la... débrancher ?
J'espère que la réponse ne serait pas la troisième car se serait une décision prise en catimini, dans le plus total irrespect de ses engagements de campagne :

"Nous ferons une étude précise de l'impact et du coût de la vidéosurveillance. Ce bilan sera rendu public et donnera lieu aux adaptations nécessaires" in Une autre histoire... le programme (p. 14).

Sauf erreur de ma part, je n'ai pas eu l'occasion de lire ou d'assister à une présentation publique de ce "bilan". Et vous ? Ou alors le débat organisé en septembre dernier par ses détracteurs Verts et Motivé-e-s faisait-il office de succédané de diffusion publique de ce "bilan" ?

Remarquez, en parlant d'"adaptations nécessaires", et là encore s'il s'agissait simplement de déplacer une caméra d'un quartier vers un autre, je suis convaincu que les riverains de la rue de l'Indépendance - dont votre serviteur fait partie - seraient ravis de voir s'en installer une dans leur rue ; devant subir l'augmentation - sans réaction efficace pour l'instant des autorités compétentes - des allées et venues de marginaux et de toxicomanes - dont certains accompagnés de jeunes enfants -, venant s'approvisionner - de jour comme de nuit - en drogues, auprès de dealers ; en alcool et en cigarettes, auprès d'un commerçant fraîchement installé...

Face à l'insécurité - et je défie quiconque qui n'a pas eu soi-même à expulser des dealers du hall de sa copropriété, et ce, plusieurs fois depuis les dernières semaines, de la qualifier de simple "sentiment" - on peut invoquer la misère sociale, la banalisation de la violence et même la détresse affective ou les carences éducatives... autant de facteurs explicatifs, parfaitement plausibles et irréfragables. Ces facteurs appellent des réponses sociales adaptées, humanistes et volontaristes, bien au-delà du seul échelon municipal, soit.

Mais à court terme, devenons-nous pour autant supporter - sans réagir - les bagarres, les vociférations, la mendicité agressive, l'urine, les excréments et le vomi, les insultes des dealers, les mégots de joints et les bouteilles ou les canettes vides?

Mes enfants me parlent avec de plus en plus d'inquiétude de ce qu'elles voient et entendent dans notre rue. Est-ce normal ? N'ayant pas les moyens d'habiter aux Vallées ou à Bois-Colombes, dois-je vendre l'appartement acheté à crédit et me rabattre sur la Province, quitte à faire un aller-retour quotidien à Paris pour améliorer - à pouvoir d'achat constant - la qualité du cadre de vie de ma famille, à l'instar des  200 000 Franciliens qui quittent notre région chaque année ? Je l'envisage sérieusement chaque jour de plus en plus...

Ne pourrait-on s'attendre à un peu plus de pragmatisme de notre équipe municipale, à l'instar du maire socialiste de Paris qui, ne va pas lui, réduire le nombre de caméras installées sur la voie publique mais au contraire en développer le nombre, tout prochainement ?

En outre, et sauf erreur de ma part, il ne me semble pas - non plus - que la police municipale d'Asnières ait été désarmée depuis l'élection du front républicain PS/MoDem/divers droite...

Les deux maires des villes précitées seraient-ils devenus du jour au lendemain d'horribles crapules socio-traîtres ? Une sécurité des biens et des personnes effective ne doit-elle être que le seul apanage des partis de Droite et d'extrême-Droite ? La Gauche est-elle condamnée à n'écouter que les seules sirènes infantiles de son extrême-Gauche et à être incapable d'avoir une politique décomplexée mais juste et efficace sur la question ? Le démocrate que je suis ne le pense pas...

Si le débranchement de cette caméra était avéré et s'il devait être le début d'une série plus longue, qui ne serait - elle - accompagnée que des pieuses et dogmatiques incantations sur la nécessité d'obtenir de l'Etat un renforcement des effectifs de la police nationale et gnagnagni et gnagnagna, je serai très curieux de connaître l'évolution de la configuration démographique et fiscale de notre ville, dans les années à venir et notamment, à l'horizon... 2014, si les classes moyennes décidaient de faire le grand saut et de partir vivre à moins 60 mn en TGV ou en Corail du centre de Paris via la gare de Lyon, la gare Montparnasse, la gare d'Austerlitz ou la gare Saint-Lazare...

Avec une classe moyenne qui se "casse"[rait], et une DSU en capilotade, Colombes aurait l'équilibre budgétaire qu'elle pourrait, son dynamisme précaire et un "vivre ensemble" fragile comme la mosaïque humaine qui la compose ne deviendraient alors que de tristes souvenirs annonciateurs de bien funestes mélopées dont on nous rabattra les oreilles, de ridicules pantomimes exécutées - pour masquer une déshérence... retrouvée. Est-ce là la manière la plus efficace pour commencer à écrire les pages d'une autre histoire ?