En voici un large extrait :

"Comme nous l’avons fait lors des mouvements précédents, nous mettrons en place un service d’accueil destiné aux enfants réunissant l’ensemble de ces 3 conditions :

  • inscrits à la restauration scolaire et à l’accueil des loisirs,
  • dont les deux parents travaillent,
  • dont l’école est fermée.

La loi votée à la hâte au parlement et appelée « service minimum d’accueil » est inapplicable en l’état.

En effet, il est inconcevable qu’une commune informée du nombre de personnels grévistes 48 heures seulement avant le jour de grève organise la substitution de personnels disponibles à des enseignants.

D’autre part, cette loi ne fixe aucun taux d’encadrement, ce qui est proprement irresponsable et en contradiction avec les textes régissant l’accueil des enfants de cet âge par des personnels non enseignants.

Enfin se poserait le problème des locaux d’accueil. Rappelons en effet que dans une école ouverte les enfants « gardés » ne peuvent côtoyer les élèves accueillis par les enseignants.

Les élus de Colombes ont choisi une voie responsable.

Elle consiste à dépanner des parents en difficulté en accueillant leurs enfants dans des conditions de sécurité maximum et avec un encadrement de professionnels de l’animation. Néanmoins au regard de l’importante organisation qu’elle doit mobiliser dans un délai très court, nous invitons les familles à n’y recourir qu’à défaut de toute autre solution."

C'est signé des conseillers généraux et élus municipaux Michèle Fritsch (adjointe à la vie scolaire) et de Philippe Sarre (maire).

Ce que j'adore c'est la perversité du système qui a été mis en place. Je m'explique...

Il n'y a rien a redire sur les deux premiers points qui semblent tomber sous le sens. Là où le bât blesse c'est le troisième point. Vous allez voir pourquoi plus loin.

En effet, ce matin l'instituteur de ma fille cadette (en maternelle) m'a dit que jeudi deux enseignantes de l'école ne seraient pas en grève et donc que l'école ne serait pas fermée. Mais il a insisté en me disant que de ce fait... pas d'accueil des enfants des enfants via le centre de loisirs (cf. plus haut : "réunissant l'ensemble de ces 3 conditions").

Le père ou la mère que vous êtes en viendrait presque à détester les deux enseignantes dont le seul tort est d'avoir un avis contraire du reste de leurs collègues grévistes en assurant normalement la classe jeudi. Pourquoi ?
"Rappelons en effet que dans une école ouverte les enfants « gardés » ne peuvent côtoyer les élèves accueillis par les enseignants." Donc, les deux enseignantes n'accueilleront pas les mouflets qui ne font pas partie de leur effectif habituel. On voudrait monter les parents contre les enseignants non grévistes tout en faisant porter le chapeau au Gouvernement qu'on ne s'y prendrait pas autrement !

Imaginez un peu le tableau : "mon fils (ma fille) tu iras (ou tu n'iras pas) à l'école un jour de grève car c'est un acte lourd de sens politique."

J'ai essayé d'en savoir plus et j'ai appelé le numéro indiqué dans le courrier (
accueil maternel : 01 47 60 80 82 ; accueil élémentaire : 01 47 60 80 70 ; on doit appeler à partir d'aujourd'hui de 8 h à 18 h). La personne du service des centres de loisirs - fort sympathique d'ailleurs - que j'ai eu au bout du fil a confirmé que ce service d'accueil toute la journée ne serait assuré que dans les 9 écoles de Colombes dans lesquelles il y aura 100 % d'enseignants grévistes et donc pas à l'école maternelle de ma fille.

Bien entendu, nous serons nombreux dans ce cas-là. Et nous ferons avec, comme d'habitude... Il n'est pas non plus dans mon propos de remettre en cause le droit de grève. Je déplore juste un courrier absconds que j'ai essayé d'expliquer le plus pédagogiquement possible à une maman d'origine indienne qui avait des difficultés à le comprendre et j'avoue avoir dû relire plusieurs passages pour être sûr de ne pas lui raconter tout et n'importe quoi. Pire, j'ai le souvenir de précédentes grèves des enseignants pour lesquelles la mise en place d'un service accueil pour tous les enfants et ce, tant "sous Goueta" que "sous Sarre", sans le moindre problème. Pourquoi ce qui ne posait pas problème auparavant poserait problème cette fois-ci ?

J'ai donc le sentiment que pour cette fois-ci et pour toutes les prochaines fois qu'il y aura une grève des enseignants, que décidément le bon sens ne sera plus de la partie, et ce, uniquement à des fins politiciennes ; M. Sarre ne pouvant décemment pas passer aux yeux de ses alliés communistes comme étant un "jaune", un "social-traître" en "brisant" une grève.

On a les alliés qu'on peut... mais ce n'est surement pas comme ça que le maire prépare une réélection pépère !

De plus, avec un tel exemple de politique municipale peu arrangeante (et c'est un euphémisme !), l'installation de ces fameuses classes moyennes ; contribuables supplémentaires  dont la ville a un besoin vital - ainsi que de l'implantation d'entreprises - pour financer les investissements dans les infrastructures qui font actuellement défaut ou qui sont à rénover, semble compromise parce qu'à terme, ça va finir se savoir : les pôpas et les mômans ça cause, ça chatte, ça blogue... surtout quand ils ne peuvent pas aller bosser...