Jeudi c'est mercredi !
Par Charles le mardi 18 novembre 2008, 08:00 - Colomblablabla - Lien permanent
Samedi dernier, nous avons reçu un courrier de la mairie relatif à la prochaine grève des enseignants de jeudi 20/11 et expliquant [je n'ose pas employer le participe présent "précisant"] la mise en place du fameux service minimum ou du moins - soyons modestes - service d'accueil des enfants.
En
voici un large extrait :
"Comme nous l’avons fait lors des mouvements précédents, nous mettrons en place un service d’accueil destiné aux enfants réunissant l’ensemble de ces 3 conditions :
- inscrits à la restauration scolaire et à l’accueil des loisirs,
- dont les deux parents travaillent,
- dont l’école est fermée.
La loi votée à la hâte au parlement et appelée « service minimum d’accueil » est inapplicable en l’état.
En effet, il est inconcevable qu’une commune informée du nombre de personnels grévistes 48 heures seulement avant le jour de grève organise la substitution de personnels disponibles à des enseignants.
D’autre part, cette loi ne fixe aucun taux d’encadrement, ce qui est proprement irresponsable et en contradiction avec les textes régissant l’accueil des enfants de cet âge par des personnels non enseignants.
Enfin se poserait le problème des locaux d’accueil. Rappelons en effet que dans une école ouverte les enfants « gardés » ne peuvent côtoyer les élèves accueillis par les enseignants.
Les élus de Colombes ont choisi une voie responsable.
Elle consiste à dépanner des parents en difficulté en accueillant leurs enfants dans des conditions de sécurité maximum et avec un encadrement de professionnels de l’animation. Néanmoins au regard de l’importante organisation qu’elle doit mobiliser dans un délai très court, nous invitons les familles à n’y recourir qu’à défaut de toute autre solution."
C'est
signé des conseillers généraux et élus municipaux Michèle Fritsch (adjointe à
la vie scolaire) et de Philippe Sarre (maire).
Ce que j'adore c'est la perversité du système qui a été mis en
place. Je m'explique...
Il n'y a rien a redire sur les deux premiers points qui semblent tomber sous le
sens. Là où le bât blesse c'est le troisième point. Vous allez voir
pourquoi plus loin.
En effet, ce matin l'instituteur de ma fille cadette (en maternelle) m'a dit
que jeudi deux enseignantes de l'école ne seraient pas en grève et donc que
l'école ne serait pas fermée. Mais il a insisté en me disant
que de ce fait... pas d'accueil des enfants des enfants via le centre
de loisirs (cf. plus haut : "réunissant l'ensemble de ces 3
conditions").
Le père ou la mère que vous êtes en viendrait presque à détester les deux
enseignantes dont le seul tort est d'avoir un avis contraire du reste de leurs
collègues grévistes en assurant normalement la classe jeudi. Pourquoi ?
"Rappelons en effet
que dans une école ouverte les enfants « gardés » ne peuvent côtoyer
les élèves accueillis par les enseignants." Donc, les deux
enseignantes n'accueilleront pas les mouflets qui ne font pas partie de leur
effectif habituel. On voudrait monter les parents contre les enseignants
non grévistes tout en faisant porter le chapeau au Gouvernement qu'on ne s'y
prendrait pas autrement !
Imaginez un peu le tableau : "mon fils (ma fille) tu iras (ou tu n'iras pas) à
l'école un jour de grève car c'est un acte lourd de sens politique."
J'ai essayé d'en savoir plus et j'ai appelé le numéro indiqué dans le courrier
(accueil maternel : 01
47 60 80 82 ; accueil élémentaire : 01 47 60 80 70 ; on doit appeler
à partir d'aujourd'hui de 8 h à 18 h). La personne du service des centres de
loisirs - fort sympathique d'ailleurs - que j'ai eu au bout du fil a confirmé
que ce service d'accueil toute la journée ne serait assuré que dans les 9
écoles de Colombes dans lesquelles il y aura 100 % d'enseignants grévistes et
donc pas à l'école maternelle de ma fille.
Bien entendu, nous serons nombreux dans ce cas-là. Et nous ferons avec, comme
d'habitude... Il n'est pas non plus dans mon propos de remettre en cause le
droit de grève. Je déplore juste un courrier absconds que j'ai essayé
d'expliquer le plus pédagogiquement possible à une maman d'origine indienne qui
avait des difficultés à le comprendre et j'avoue avoir dû relire plusieurs
passages pour être sûr de ne pas lui raconter tout et n'importe quoi. Pire,
j'ai le souvenir de précédentes grèves des enseignants pour lesquelles la mise
en place d'un service accueil pour tous les enfants et ce, tant "sous Goueta"
que "sous Sarre", sans le moindre problème. Pourquoi ce qui ne posait pas
problème auparavant poserait problème cette fois-ci ?
J'ai donc le sentiment que pour cette fois-ci et pour toutes les prochaines
fois qu'il y aura une grève des enseignants, que décidément le bon sens ne sera
plus de la partie, et ce, uniquement à des fins politiciennes ; M. Sarre ne
pouvant décemment pas passer aux yeux de ses alliés communistes comme étant un
"jaune", un "social-traître" en "brisant" une grève.
On a les alliés qu'on peut... mais ce n'est surement pas comme ça que le maire
prépare une réélection pépère !
De plus, avec un tel exemple de politique municipale peu arrangeante (et c'est
un euphémisme !), l'installation de ces fameuses classes moyennes ;
contribuables supplémentaires dont la ville a un besoin vital - ainsi que
de l'implantation d'entreprises - pour financer les investissements dans les
infrastructures qui font actuellement défaut ou qui sont à rénover, semble
compromise parce qu'à terme, ça va finir se savoir : les pôpas et les mômans ça
cause, ça chatte, ça blogue... surtout quand ils ne peuvent pas aller
bosser...

Commentaires
Si je suis d'accord sur le fond , mais je ne peux pas m'empêcher que c'est déjà mieux qu'avant. Toute avancée est perfectible, mais a également le mérite d'avancer :-). Finalement quand on regarde ce qui se passe à Paris, on peut estimer que nous avons malgré tout de la chance.
Bonne journée
Jean-Seb
Bonjour,
Je ne vois pas comment le schmilblik a pu avancer tel que vous l'écrivez puisque lors des précédentes grèves et je le repète - tant sous la mandature de Mme Goueta que sous celle de M. Sarre, les enfants étaient accueillis par les équipes des centres de loisirs pour peu que les seules deux premières conditions étaient réunies.
En rajouter une troisième ("école fermée" = 100 % de grévistes) c'est tout simplement rendre plus difficile encore pour les familles les conditions d'accueil de leur(s) enfant(s) pendant les grèves par les centres de loisirs qui dépendent des municipalités et non de l'Education nationale.
Les uns s'en fichent et pourront prendre une journée, jouer sur la solidarité familiale ou se payer une baby-sitter pour toute une journée. Les autres, et je pense plus particulièrement aux familles les plus modestes ou aux parents célibataires, seront bien plus embêtées et par capillarité perdront une journée de revenus. En ces temps de crise qui ne veut pas dire son nom on peut donc dire que par manque de proactivité la municipalité a fait perdre du pouvoir d'achat aux parents concernés.
C'est bien entendu un choix politique de savoir à qui l'on s'adresse de cette manière : aux enseignants ou aux familles. A priori donc, la première réponse est la bonne. Est-ce que ça sera payant électoralement parlant ?