Tu veux de la galette ? Aboule ton bon !
Par Charles le mercredi 17 décembre 2008, 06:53 - Colomblablabla - Lien permanent
Hier soir, j'ai eu le plaisir de pouvoir assister à ma première réunion du Conseil de quartier (Centre-ville).
Le principaux points de l'ordre du jour étaient l'inscription des uns et des autres dans les différents groupes de travail (je me suis inscrit dans celui relatif à l'aménagement de la gare SNCF) et l'organisation de la traditionnelle galette des Rois...
Si pour le premier point, l'affaire fut rondement menée, en moins de 15 minutes (n'oublions pas que nous sommes en France, et que culturellement, notre approche de la gestion des réunions s'apparente plus à la capacité de Fidel Castro à être concis dans ses discours à l'ONU, qu'a une volonté partagée d'être bref dans les échanges verbaux et synthétique dans l'exposition des ses idées, arguments, etc.), ça s'est gâté pour la galette des Rois !
Alors déjà nous avons été plusieurs à tomber des nues : chaque conseil de quartier organisera la galette dans son quartier et non plus en mairie. C'est dommage car permettre au moins une fois l'an aux habitants de se rendre dans la salle du conseil municipal, en l'hôtel de ville, avait pour beaucoup un côté solennel et républicain, enfin plus solennel que le réfectoire sous-chauffé de l'école Maintenon dans l'entrée duquel flottait une arrière odeur émétique !
Ensuite, on nous a appris qu'il y aurait, pour recevoir sa part de galette, obligation de remettre (à qui ?) un bon valable pour une part de galette ! J'étais soufflé quand j'ai entendu ça (avec les yeux écarquillés, la bouche bée et tout et tout !) : les Prussiens ou les Bolcheviks auraient-ils envahi en loucedé notre Doulce France ? Défileraient-ils déjà sur les Champs-Elysées ? Aux armes Citoyens et Citoyennes ! C'est pour cela qu'on aurait donc remis les tickets de rationnement en place ? L'explication qui nous a été donnée est qu'en agissant ainsi cela permettrait de mieux évaluer le futur nombre des galettes à acheter ! Le mur du çon est atteint ! Vite soufflez dans les appeaux ! Résonnez musettes ! Sonnez le tocsin ! Mais que fait Le Canard enchaîné ? Allez tous ensemble : cancanons, caquetons, nasillons (j'ai toujours su que sous des allures faussement écolos, le colvert cachait ses véritables sympathies feldgrau !) ça finira bien par le faire venir enquêter en notre banlieue !!!
Autre bug : la date prévue pour "la galette" de notre quartier coïncide avec celle de la tenue de la réunion d'un groupe de travail dans lequel plusieurs membres du Conseil de quartier se sont inscrits : serez privés de galette, na !
On a ensuite fini en apothéose : mais où acheter lesdites galettes ? On se serait crus dans un panel de consommateurs. Entre celles et ceux qui ne jurent que par celle de la pâtisserie Trucmuche, d'autres par celle de la pâtisserie Duchmol' et les autres par celle de chez Glandu... Bref la solution du bon sens fut de demander à toutes les pâtisseries du quartier si elles acceptaient d'être payées par bon de règlement administratif et surtout, combien coûterait l'intendance ! Si mon poissonnier était là...
Heureusement que je ne l'ai pas ramenée en disant que la galette fourrée à la frangipane me donnait l'impression de bouloter du carton d'emballage trempé dans un corps adipeux d'origine animale et truffé d'arômes trop prononcés pour être complètement naturels, comparée à l'excellentissime, si joliment décorée de fruits confits et si parfumée couronne des Rois que l'on trouve - sous différentes appellations - dans ce que les Parisiens nomment - la bouche en cul-de-poule : "le Midi" ! Mais la convivialité du moment partagé entre concitoyens doit passer au-dessus de mes conservatrices appréhensions culinaro-culturelles : il me faut dépasser cette histoire de
Et je ne vous parle même pas du principal oubli de ce point de l'ordre du jour : accompagnerons-nous la galette de cidre brut, de cidre doux, de blanquette de Limoux, de clairette de Die ou d'Asti Spumante ? On ne va pas sortir le champagne quand même avec près de 5 000 000 d'euros qui feront défaut à notre budget 2009- la faute à la réforme de la dotation DSU -, le tout conjugué à une baisse d'impôts un peu trop précipitée mais puisqu'il paraît que c'était une promesse de campagne... D'ailleurs, il semblerait également qu'en 2009, les Floréales soient supprimées et que le Forum des associations ne durera qu'un seul jour au lieu de deux, auparavant. C'est la crise m'sieurs-dames mais joyeux Noël quand même !
Mais bon, pour terminer, je reconnais bien volontiers que le ton du débat était on ne peut plus consensuel malgré les différentes sensibilités (notamment politiques des uns et des autres ; les conseils sont truffés de militants de tous les partis !) c'est normal : on est en France et on parlait de bouffe!
Commentaires
Fais attention Charles, tu n'es pas loin de la diffamation calomnieuse quand tu parles de cette excellentissime galette des rois à la frangipane, humm miam miam (certes, c'est un peu gras, so what ?).
"Faute de grives, on mange des merles"...
La galette c'est bien. La couronne c'est bon.
Mais j'admets que les 3B (bouffer, boire et enfin... bref, il y a peut être des mômes qui nous lisent, alors je m'autocensure, hein !) forment une trinité bien française et sont constitutives de bien des débats complètement irrationnels et subjectifs transcendant les clivages !
Si d'aventure tu ne connaissais pas la couronne des Rois et que tu voulais tester, à Colombes, tu peux en trouver chez Gémier (en face le Franprix du bas de la rue Saint-Denis). Ils la nomment "Brioche bordelaise".
Pour etre totalement francaise, cette décision, après avoir été voté, sera amendé de la manière suivante : des bons spéciaux de galettes seront imprimés et envoyés aux personnes méritantes, pour faire exemple. Comme il y aura des gens non satisfaits, on fera une liste ouverte de bons spéciaux, et on discutera des critères pour cette nouvelle liste. Tout le monde doit avoir le droit aux bons spéciaux ! Lorsque le jour J arrivera, le nombre de bons publiés ayant dépassé la quantité de galettes, on puisera dans le budget de l'année prochaine pour acheter à la dernière minute des galettes plus chère. Evidemment il y aura des restes, on nommera donc une commission pour éviter cela l'année prochaine. Cette commission conseillera de publier des bons sur-spéciaux en nombre limités, et payants, ainsi que des bons particuliers pour les personnes défavorisés-socialement, gratuits et distribués selon des critéres mélangeants les revenus, la taille de la famille, l'age du capitaine.
Pour simplifier, on créera une super-commission d'attribution des différents bons, qui devra également répartir les achats entre différentes boulangerie. Evidemment le risque de voir un boulanger essayer d'avoir plus que les autres sera contrebalancé par des réunions publiques d'ouverture du marché des galettes. Si ces réunions n'arrivent pas au consensus, on demandera a l'Etat d'intervenir pour trouver une solution. La nomination d'un conseil en études stratégiques de répartition des bons sera obligatoire.
Pendants ce temps là, les boulangers ayant cru que tous ces bons feront monter la consommation de la galette, s'endetteront pour acheter plus de farine et de pates d'amandes. Mais les banques n'étant pas sur de se couvrir sur ces prets décideront de vendre des assurances anti-chutes du cours de galettes. Les boulangers, réunis en syndicats, iront voir le maire et exigeront que ces polices d'assurance soit couverts par le budget public, parce que quand meme, on travaille pour le bien de la nation. Devant cette augmentation du budget municipal, nos élus décideront, bien malgré eux, de faire payer tous les bons de galettes. Hors évidemment les bons sociaux. Ainsi que les citoyens ayant investi du temps dans la préparation, les retraités, étudiants qui auront un prix spécial. Pour lesquels une subvention sera votée. In fine, un employé municipal, ayant vu ses conditions de travail détérioré après réduction du budget municipal sera pris la main dans le sac, en train d'essayer de vendre des bons sociaux dans les rues de la ville. Le salaud. Il sera puni et sa photo montré dans le journal municipal pour l'exmple. En plus c'est un immigré, ou équivalent. Les employés municipaux feront appel á leurs syndicats pour se protéger. Celui-ci exigera d'etre présent dans les différents commissions. Devant cette complexité, un nouveau maire, de la liste Vive la Galette, sera élu. Avec ses amis de club secret des macons-pour-la-galette, ils reflechiront de nouveaux à des règles plus simples. Ils inviteront chaque membre des différents commissions à des restaurants (fort cher) afin de se mettre d'accord. La décision finale sera de supprimer la publicité dans le journal municipal pour éviter la corruption, de conserver le numéro du conseil de quartier sur les bons, ainsi que, pour l'instant, de garder un budget déficitaire de galettes, on verra plus tard, et d'avoir une stratégie de communication claire : Mes chers concitoyens, c'est à nous d'améliorer les choses au niveau de la galette. Travaillons ensemble. Et les bloggeurs ironisant seront ignorés, ils ne comprennent vraiment rien !
Ah mon cher OP von Düssel ! comme j'ai aimé lire les lyriques envolées déliro-économico-politiques de ton commentaire. Tu n'as jamais songé à nous pondre un blog ? Ca aurait de la gueule, toi le lyonno-nissart expatrié outre-Rhin qui es au coeur de la construction européenne (ne dis pas non espèce de faux modeste !). Pense y ! En tous cas c'est toujours un plaisir de te lire espèce de scout moyen (et fier de l'être !).
Une suggestion : la prochaine fois, n'oublie pas la capacité de nuisance des trotskystes qui n'auront pas manqué de noyauter les différentes commissions constituées et l'impact économique de la baisse des cours mondiaux du blé que ces ploutocrates de minotiers n'ont toujours pas répercuté sur leurs clients - les boulangers - ces derniers ne pouvant pas eux, répercuter cette baisse sur leurs prix. Du coup, tu as omis de parler des risques d'émeutes des consommateurs qui ne peuvent plus supporter l'augmentation du coût de la galette alors que le prix de la tonne de farine baisse !
Un tout petit blâme par contre : tu as oublié l'umlaut sur le "u" de "Düssel". "Und das ist eine gross und kolossal irrtum" comme l'aurait dit ce bon vieux Herr Dupuis... ;-)))
Un peu spécial ce conseil de quartier...
Pour notre part, nous avons unanimement
1. rejeté l'idée des tickets pour obtenir une part de galette
2. choisi le lieu de réunion (nous avions le choix entre 3 ou 4 endroits)
3. décidé de demander des devis à tous les boulangers du quartier, afin de commander les galettes
4. réglé tous les autres détails pratiques (boissons, vestiaire, musique d'ambiance et surtout : contenu de la présentation aux invités que nous espérons nombreux)
Le tout dans la bonne humeur, et en l'espace d'une heure de réunion.
Bonne année malgré tout !
Bonne année Mum'Troll !
Vérification faite auprès d'un voisin, boulanger à Paris , la mairie de Colombes va copier celle de la capitale qui a sorti l'arme du "bon pour une portion de galette" contre la horde des pique-assiettes qui raflaient tout, tant et si bien que certains personnes arrivaient à avoir 2, 3, 4 parts en une soirée et d'autres nib'. Si j'en comprends la raison, je trouve juste le procédé pingre et gagne-petit mais surtout bien peu propice à créer un climat convivial. C'est un peu comme si on refusait de la galette aux diabétiques, aux surchargés pondéraux, aux sportifs de haut niveau sous prétexte que bouloter de ce truc est une hérésie diététique ! Et pourquoi pas des vigiles tant qu'on y est ?
Vous avez eu le choix du lieu ? Pas nous. Bigre ! J'espère qu'ils ne vont pas faire le coup de la discrimination vis-à-vis des habitants du centre-ville qui, c'est bien connu, sont tous des nantis habitant de jolies et spacieuses maisons avec vue sur la mer (la maire ? [l'ex])...
Quant aux devis à toutes les boulangeries du quartier, ça sera un devis à toutes les boulangeries acceptant d'être payés par des bons de règlement administratifs (pas toutes acceptent ; n'aimant pas être payées à Pâques ou à la Trinité, mais c'est un mal de l'administration française : payer aux Calendes grecques !).