Faisant partie des trois remplaçants de rang 1, et avec l'accord des autres membres du conseil, j'ai pu donc venir assister et participer aux échanges - sans avoir de droit de vote - ce qui se comprend.

Le principaux points de l'ordre du jour étaient l'inscription des uns et des autres dans les différents groupes de travail (je me suis inscrit dans celui relatif à l'aménagement de la gare SNCF) et l'organisation de la traditionnelle galette des Rois...

Si pour le premier point, l'affaire fut rondement menée, en moins de 15 minutes (n'oublions pas que nous sommes en France, et que culturellement, notre approche de la gestion des réunions s'apparente plus à la capacité de Fidel Castro à être concis dans ses discours à l'ONU, qu'a une volonté partagée d'être bref dans les échanges verbaux et synthétique dans l'exposition des ses idées, arguments, etc.), ça s'est gâté pour la galette des Rois !

Alors déjà nous avons été plusieurs à tomber des nues : chaque conseil de quartier organisera la galette dans son quartier et non plus en mairie. C'est dommage car permettre au moins une fois l'an aux habitants de se rendre dans la salle du conseil municipal, en l'hôtel de ville, avait pour beaucoup un côté solennel et républicain, enfin plus solennel que le réfectoire sous-chauffé de l'école Maintenon dans l'entrée duquel flottait une arrière odeur émétique !

Ensuite, on nous a appris qu'il y aurait, pour recevoir sa part de galette, obligation de remettre (à qui ?) un bon valable pour une part de galette ! J'étais soufflé quand j'ai entendu ça (avec les yeux écarquillés, la bouche bée et tout et tout !) : les Prussiens ou les Bolcheviks auraient-ils envahi en loucedé notre Doulce France ? Défileraient-ils déjà sur les Champs-Elysées ? Aux armes Citoyens et Citoyennes ! C'est pour cela qu'on aurait donc remis les tickets de rationnement en place ? L'explication qui nous a été donnée est qu'en agissant ainsi cela permettrait de mieux évaluer le futur nombre des galettes à acheter ! Le mur du çon est atteint ! Vite soufflez dans les appeaux ! Résonnez musettes ! Sonnez le tocsin ! Mais que fait Le Canard enchaîné ? Allez tous ensemble : cancanons, caquetons, nasillons (j'ai toujours su que sous des allures faussement écolos, le colvert cachait ses véritables sympathies feldgrau !) ça finira bien par le faire venir enquêter en notre banlieue !!!

Autre bug : la date prévue pour "la galette" de notre quartier coïncide avec celle de la tenue de la réunion d'un groupe de travail dans lequel plusieurs membres du Conseil de quartier se sont inscrits : serez privés de galette, na !

On a ensuite fini en apothéose  : mais où acheter lesdites galettes ? On se serait crus dans un panel de consommateurs. Entre celles et ceux qui ne jurent que par celle de la pâtisserie Trucmuche, d'autres par celle de la pâtisserie Duchmol' et les autres par celle de chez Glandu... Bref la solution du bon sens fut de demander à toutes les pâtisseries du quartier si elles acceptaient d'être payées par bon de règlement administratif et surtout, combien coûterait l'intendance ! Si mon poissonnier était là...

Heureusement que je ne l'ai pas ramenée en disant que la galette fourrée à la frangipane me donnait l'impression de bouloter du carton d'emballage trempé dans un corps adipeux d'origine animale et truffé d'arômes trop prononcés pour être complètement naturels, comparée à l'excellentissime, si joliment décorée de fruits confits et si parfumée couronne des Rois que l'on trouve - sous différentes appellations - dans ce que les Parisiens nomment - la bouche en cul-de-poule : "le Midi" ! Mais la convivialité du moment partagé entre concitoyens doit passer au-dessus de mes conservatrices appréhensions culinaro-culturelles : il me faut dépasser cette histoire de cul  (censuré !).

Et je ne vous parle même pas du principal oubli de ce point de l'ordre du jour : accompagnerons-nous la galette de cidre brut, de cidre doux, de blanquette de Limoux, de clairette de Die ou d'Asti Spumante ? On ne va pas sortir le champagne quand même avec près de 5 000 000 d'euros qui feront défaut à notre budget 2009- la faute à la réforme de la dotation DSU -, le tout conjugué à une baisse d'impôts un peu trop précipitée mais puisqu'il paraît que c'était une promesse de campagne... D'ailleurs, il semblerait également qu'en 2009, les Floréales soient supprimées et que le Forum des associations ne durera qu'un seul jour au lieu de deux, auparavant. C'est la crise m'sieurs-dames mais joyeux Noël quand même !

Mais bon, pour terminer, je reconnais bien volontiers que le ton du débat était on ne peut plus consensuel malgré les différentes sensibilités (notamment politiques des uns et des autres ; les conseils sont truffés de militants de tous les partis !) c'est normal : on est en France et on parlait de bouffe!