Bon, je vous l’accorde : pour un parti qui d’habitude produit tant d’éléphants, propulser ainsi une souris sur le devant de la scène politique locale peut laisser perplexe les vachettes - soyons galants - et les veaux que nous sommes (cf. Charles De Gaulle : « Les français sont des veaux » !). D’autant plus que, lors des dernières élections municipales, des listes ayant occupé les trois premières places au soir du premier tour, la liste de Gauche avait été celle qui avait habilement distribué son programme en dernier, ayant eu du temps supplémentaire pour le peaufiner et pour adapter ses propositions – attention ! je n’ai pas dit « s’inspirer librement » à celles de ses p’tits camarades de l’UMP et du MoDem. D’ailleurs, cette campagne m’aura au moins appris qu’en politique, et à l’échelle locale – en particulier -, ça ne sert à rien d’avoir le meilleur programme (le MoDem), un bilan avec un peu plus de points positifs que de points négatifs mais avec des lacunes flagrantes, notamment en matière de respect des usages démocratiques de la vie de la Cité (l’UMP) car bien souvent, celui qui l’emporte (la Gauche rassemblée) est celui qui a le plus de faire-savoir et donc, une communication parfaitement maîtrisée. L’avenir nous dira par contre, si le savoir-faire municipal sera l'élément moteur de son éventuelle réélection... Qui vivra, au moins jusqu’en mars 2014, verra ! 

 

Mais revenons à nos moutons ou - devrais-je écrire - à nos éléphants et plus particulièrement à notre souris…
 
L'article nous indique clairement que Bernard Lucas « a été désigné candidat du PS par les militants ». S’il a été « désigné », c’est qu’il n’a pas été élu. Et s’il ne l’a pas été c’est sans doute qu’il y avait carence de candidatures autres que la sienne. Mais je suppute, je suppute : est-ce qu’il y aurait un militant socialiste dans la salle qui pourrait nous éclairer des ses lumières, siouplaît ? Bon, j’en connais un de manière épistolaire et si je ne m’abuse, il est strauss-kahnien. Il devrait donc être assez sympa pour me répondre sans craindre d’attraper le haut-mal qui guette tout socialiste en ce moment : la "MoDemite-bayrouique aiguë" ! Hé Jérôme t'es là ? Ramène un peu ton Nombril pour voir !

 

D’autre part, on y apprend qu’il bosse chez Veolia environnement. Voilà une bonne chose : l’environnement c’est du râble et les politiques, quels qu’ils soient, s’ils veulent embrasser les joues de la Victoire plutôt que le fondement de Fanny (cf. Rabelais et les fondamentaux de la pétanque ou du baby-foot), ne doivent pas manquer pas de jabot ; il leur faut impérativement avoir du coffre (et de l'estomac !), sans oublier le nécessaire amour du serrage de paluches, pour parvenir à se faire élire !

 

Doublement engagé dans le canton où il portera les couleurs roses (un fan du Stade français peut être ? Mouais, en nos rugbystiques terres on ferait plutôt dans l'Racing-Métro 92. mais bon, je ne vais pas rouvrir une blessure et puis il y a des gens très bien au SF - mais moins qu'au Racing - :-))) ), il y préside la régie de quartier La Passerelle, partie prenante du PLIE (Plan local pour l’insertion et l’emploi) dont il me semble avoir lu une réflexion intéressante à son sujet,  par-là. Dans l’article du Parisien, on y lit aussi qu’il serait le « patron » du conseil de quartier « Europe ». Bigre ! « patron » et dans le contexte altoséquanais si particulier, ça résonne de façon un peu étrange à mes oreilles… genre Don Vito Corleone et son fameux "baccia la mano" ; « Président » aurait été un peu plus seyant. Mais faisons attention et n’oublions jamais que Bernardo est le plus fidèle compagnon de Zorro ! Donc, si tu titilles trop le premier, le second – jamais bien loin – finira inévitablement par rappliquer mais cau ben dire mèfi, comme on dit à Nice car il semble assez chatouilleux en ce moment et ce n’est pas Denis Butaye qui dira le contraire !

 

Enfin, le summum est pour la fin de l'article avec franchissement du mur du çon ! Le Parisien nous apprend que Bernard Lucas « prendra sa retraite dans deux mois » et que son retour en politique « […] sera une belle occasion d’utiliser [s]on temps libre » (N. B. « l’intéressé a été conseiller municipal dans l’équipe de Dominique Frelaut […]) : je n’ose pas croire que « l’intéressé » ait pu dire cela. C’est une forme de suicide politique avant même d’avoir commencé sa campagne ! Ça sonne un peu xixe siècle façon « comment les rentiers occupent-ils leur temps libre en veillant à ne pas sombrer dans l’oisiveté, Mère de tous les vices ? Madame a ses œuvres à la paroisse et Monsieur se pique de vers… » (attention ! je n'ai pas dit qu'il avait des oxyures, hein !).  On ne peut pas croire qu’il ait été coupable d’une telle gaffe ou alors, c’est le journaliste qui a mal compris ou mal retranscrit les propos de l’intéressé. Mais en parlant de journaliste, je constate que le signataire de cet article est le dénommé Matthieu Pelloli et que ce ne sont pas nos inénarrables Christine Henry ou Claire Guédon, nos deux « plumitives », qui régalent d’habitude – les Colombiennes et les Colombiens de leur prose consacrée à l’actualité locale. Ca doit donc être ça l’explication : le syndrome de la souris, même chez les journalistes !

 

Et pendant ce temps, à l’UMP, le bruit court que trois candidats voudraient eux-aussi s’y coller : Lionnel Rainfray, Corinne Fehr et Olivier Camps-Vaquer. Qui fera la campagne interne la plus habile qui lui permettra de se faire élire par les militants à ce poste ?

Que feront les partis membres de la majorité municipale (PCF, Verts, PRG) et les partis satellites sympathisants (Gauche citoyenne, nébuleuse trotskiste, MRC) ? Oseront-ils présenter un candidat contre celui ayant été adboubé par le propre parti du maire, himself ?

Et le MoDem, alors ? Mon petit doigt me dit que j’aurai bientôt l’occasion de ressortir mon écharpe orange, de la naphtaline ! Mais il nous faudra être malins : Zorro veille au grain et comme le chantait Henri Salvador

P.S. : Je l'avais oublié celle-là : "Lors de la cantonale à venir, Bernard Lucas a toutes les chances de l’emporter". Les électeurs ainsi infantilisés apprécieront la considération qui est faite de leur liberté de choisir ou pas de voter pour ce candidat ; nul parti n'étant le propriétaire des voix de ses électeurs. En outre, Le Parisien est décidément un excellent journal parce que très bien renseigné et dont Madame Soleil ferait bien de s'inspirer !