Sans oublier cette information qu'on trouve sur le site Internet de la mairie.

En effet, pour celles et ceux qui débarqueraient de la planète Mars, demain, jeudi 29 janvier, beaucoup de services publics ne fonctionneront pas ou alors très mal, en raison d'une journée nationale de grève de ses agents.

Bien entendu, je ne polémiquerai pas sur les motivations de ces derniers, sur le contexte socio-économique déliquescent, sur la crise morale et politique que traversent notre pays, l'ensemble géopolitique auquel nous appartenons, la planète tout entière et même... les Chinois qui bientôt n'auront plus les moyens de débouler à Colombes pour venir y racheter méticuleusement tous les bars-tabacs existants. Bougnats, bougnates : vos troquets vont vous rester sur les bras !

Plus sérieusement, bien qu'il y ait matière à redire sur le recours systématique à la grève avant toute tentative de négociation ; préférant de loin des solutions constructives de négociations syndicales "à l'allemande", que faire d'autre, lorsqu'une des parties s'emmure obstinément dans le refus - à la limite de l'autisme - de la discussion avec les partenaires sociaux ? Que faire d'autre lorsque l'outrance langagière semble avoir gagné même celui dont la principale fonction devrait être de rassembler les Français, au-delà des idéologies, sans sectarisme et sans esprit partisan. Triste spectacle...

Au niveau de notre commune, je m'interroge juste sur la façon dont a été prise la décision par "le maire et l'équipe municipale" de fermer l'hôtel de ville, demain "en solidarité avec le mouvement social" et donc, sur la cohérence mais également la légitimité d'une telle décision.

Pour le maire, ça va. Jusque là, j'arrive à suivre ! Mais c'est qui "l'équipe municipale" ? Les élus (majorité et opposition comprises) ? Est-ce qu'il y aurait eu un quelconque vote au sein d'une consultation (réunion extraordinaire ?) du conseil municipal ? Les employés municipaux qui, démocratiquement se seraient exprimés directement en assemblée générale ou bien via leurs syndicats, dans le cadre d'un vote à l'issue duquel une majorité aurait voté un préavis de grève ?  Si une bonne âme [sic !] avait la réponse...

D'autre part, vous aurez lu dans l'extrait plus haut que "les mairies annexes seront ouvertes". Est-on réellement solidaire du mouvement social ou pas ?


Dans le premier cas, autant tout fermer, si bien entendu, la décision est légitime parce qu'elle aurait été prise démocratiquement, suite à un vote. A défaut, on en serait alors à agir comme un candidat encore en campagne électorale, représentant de sa seule famille politique et de ses seuls électeurs, et non comme le maire de tous les Colombiens avec qui on souhaiterait écrire "une autre histoire".

Dans le second cas, si on estime - au contraire - qu'il doit y avoir, pour les usagers - dans leur ensemble -, une continuité républicaine du fonctionnement du service public communal - même réduit, pendant une journée - ce que l'on peut tout à fait comprendre -, on assume sans crainte puisqu'on exerce son mandat de maire, garant des institutions municipales et ce, à commencer par la plus visible d'entre elle : l'hôtel de ville !

Comme le disait ce bon vieux Mendès-France : "gouverner, c'est prévoir" et on serait tenté de rajouter : "et assumer les conséquences de ses choix, fussent-ils - parfois - impopulaires".

A trop vouloir le beurre et l'argent du beurre, à trop vouloir jouer sur deux tableaux en même temps, croyant - en agissant de la sorte - ne pas froisser les uns et les autres, le maire risque - en définitive - de ne générer que du mécontentement, à long terme et pire pour lui, passer pour un timoré, très affable, au demeurant. D'ailleurs, cela lui a déjà été dit, en plein conseil municipal - sur la gestion du dossier "rue des Anciens Combattants / place du 18 mars 1962",  (cf. la 13e minute de la vidéo : intervention de Laurent Trupin, conseiller municipal MoDem, lors de la réunion du conseil municipal du 11 décembre 2008).

Et au fait, il est le sourire de la crémière ? Et bien hier soir, Rama Yade a retrouvé le chemin de Colombes  qu'elle semblait avoir oublié : elle est même venue incognito - toute souriante et toute pimpante - à la galette des Rois du conseil de quartier du centre-ville ! Mieux que Bruxelles [à ne pas prononcer BruQUEcelles, à la française, siouplaît !], mieux que Paris : mais c'est Colombes bien sûr !