"Un peuple sans mémoire peut-il être libre" ?
Par Charles le mercredi 6 mai 2009, 13:41 - Contes de la vessie ovale - Lien permanent
Vous trouverez ci-dessous une petite intervention que j'ai faite sur le
forum de Rugbyrama,
le site des passionnés du rugby, à propos du départ annoncé du
Racing-Métro 92 de Colombes, pour Nanterre mais surtout, sur la fin annoncée du
stade olympique Yves-du-Manoir qui, sera rasé et laissera sa place - en 2014 -
à la future halle de 15 000 places de la Fédération française de handball. Ce
dernier projet, est porté par le ministre P. Devedjian (UMP), est soutenu par
le secrétaire d'Etat, B. Laporte (UMP) et est inespéré pour le maire P. Sarre
(PS), bien enclins pour une fois à se faire des mamours les uns les
autres !
Je le publie ici tel quel. A vous d'en juger et de réagir et pourquoi pas de
signer la pétition (cf. bouton sur la page d'accueil de ma feuille de chou
virtuelle).
"Attention les gars ! N'oubliez pas l'Histoire. Lorsque l'équipe de foot du Matra-Racing a quitté Colombes pour le parc des Princes, tout le monde criait monts et merveilles, avec quels résultats ? le club existe toujours sous une autre appellation mais survit en CFA, et dans le bas du tableau...
Un stade de 30 000 places ? Le Stade français, qui n'est pas le club que je soutiens mais qui avec ses 13 titres de champion de France (contre 5 pour le Racing, Grrrrr !) est un grand club que je respecte, ne remplit pas toujours Jean-Bouin, dans sa configuration actuelle (12 000 places)...
La future halle de hand qui sera construite en lieu et place du stade Yves-du-Manoir aura été RASE aura une capacité d'accueil de 15 000 places.
Je fais partie de ceux qui pensent qu'un stade moderne de 15 000 places à Colombes, en lieu et place de l'actuel stade YDM était un compris faisable et acceptable, tant du point de vue de la demande, que de la capacité des transports, etc. De plus, que vaut-il mieux : jouer dans un stade de 15 000 places plein ou dans un stade de 30 000 places à moitié vide ?
Au pire, lors des "gros derbies", il était tout-à-fait possible, à l'instar du SF, de délocaliser certaines "grosses affiches" au stade de France (qui d'ailleurs n'a toujours pas de club résident de foot, de rugby ou de curling !).
En effaçant purement et simplement toute solution au stade YDM, le Racing-Métro risque d'y perdre un peu de son âme et de son histoire. Notre club restera-t-il un club de rugby ou deviendra-t-il comme d'autres, une simple entreprise de spectacles ?
Bien entendu, je reste reconnaissant au président Lorenzetti d'avoir pu insuffler une nouvelle dynamique au club, mais être reconnaissant et respectueux de quelqu'un ne veut pas dire qu'on doit devenir un béni-oui-oui décérébré. Je lui suis reconnaissant, tout comme je le suis des précédents dirigeants, d'avoir toujours fait ce qui était en leur pouvoir et avec les moyens qu'ils avaient alors, pour maintenir le club au-dessus de la Fédérale 1. Maintenant, je trouve que les choses vont vite, trop vite peut-être et je reste circonspect sur le futur.
Allez pour finir, je vous laisse méditer sur mon sujet de bac philo (Académie de Nice, 1990) : "Un peuple sans mémoire, peut-il être libre ?"
Qui vivra verra !"
Commentaires
Charles, je comprends ton désarroi de supporter mais je vais te coller une sale note à ton devoir de philo si tu confonds « mémoire » et « immuabilité ».
Certes, le stade YDM a une sacrée histoire derrière lui, il est « mythique » et effectivement, s'il est rasé (ce qui semble être son destin promis), une page se tournera, mais les heures glorieuses ne s'effaceront pas pour autant, d'une part, et à part un peu plus de route à faire pour aller encourager ton équipe, tu auras, toi, toujours le plaisir de les voir s'engager au combat, en TOP 14 qui plus est. Ton plaisir de supporter sera-t-il vraiment amoindri parce que tu es assis sur une tribune nanterroise plutôt que colombienne ?
Tu as raison, je suis pour "l'immuablité" du stade YDM, de la piscine et de la patinoire, simplement parce qu'ils sont dans la mémoire collective mais aussi dans les pratiques sportives quotidiennes colombiennes. Bien entendu, leur "immuabilité" n'empêche pas un coup de pinceau et/ou des travaux de réfection, pour leur permettre de servir encore pendant plusieurs décennies et ce, pour peu que leur destination reste identique.
Remarque, je suis en train de réfléchir, puisque la France est gravement endettée pourquoi ne pas vendre la tour Eiffel à l'émirat de Dubaï ou Notre-Dame-de-Paris à un entrepreneur de spectacles de Las Vegas. Faisons du passé table rase et feu de tout bois. Vive la modernité ! A bas l'immuabilité ! :-P