Le Sancerre rouge étant passé par-là (douze ans de mariage, ça se fête quand même !), il me fallut un peu plus de temps que d'habitude pour que dame maïeutique puisse me faire exprimer un vigoureux et puissant : "Eurêka !" à la manière de ce grand balnéophile d'Archimède qui, comme vous le savez toutes et tous, n'était point archimandrite bien qu'hellène - à son époque le p'tit Jésus devait avoir au minimum -200 ans -, mais tout simplement archi malin, le bougre, mais non bogomile (puisqu'on vous dit que le p'tit Jésus n'était pas encore là) !

Dans un tel moment de doute, il n'y a pas trente-six solutions : vous essayez de trouver un modèle, une référence de vous connue et admirée, et.. vous faites itou ! C'est pourquoi, je me suis immédiatement demandé ce que le très grand Kwai Chang Caine aurait fait, à ma place, pour trouver un exemplaire de Mosaïque. Malheureusement, vu que tout souvenir des différents épisodes de cette excellente série qu'était Kung Fu m'a définitivement quitté (pourtant j'ai la TNT sur laquelle il y plein de chaînes inutiles autrement que pour les régies publicitaires et qui usent jusqu'à la corde leurs vieilles bobines de Starsky et Hutch !) , je me suis tourné vers la seule personne capable, par son bon-sens et sa situation de choix - au centre du marché du... centre-ville - pour observer les comportements humains, de m'apporter une solution que, par mimétisme, je n'aurai qu'à appliquer, par convention et donc, sans qu'il soit nécessaire d'avoir une démonstration théorique de sa pertinence ou, au contraire, de sa vacuité !

Mon poissonnier, s'il avait été devant moi, ce dimanche après-midi-là, et s'il avait eu vent de ma très furieuse et très "librettophilique" quête, n'aurait pas manqué de me dire : "mais qu'est-ce t'embêtes ? t'as qu'à le lire sur Internet !" Et il n'aurait pas eu tort. Cependant, tout comme il est permis de communier sous les deux espèces (ben quoi, c'était dimanche, non ?), puisque Mosaïque est disponible dans sa version imprimée et dans sa version numérique, et bien j'avais faim (et non plus soif, puisque je vous ai dit qu'un excellent Sancerre rouge était passé par-là !) de la version papier. Re pensée très forte pour mon grand débiteur de darnes de saumon et magistral fileteur de rascasses préféré qui, en prenant une voix à la manière de Julien Lepers, m'aurait dit : "je suis ouvert 24 h/24 h et ce, même le dimanche et les jours fériés, mon accès est complètement gratuit, je suis... je suis... le commissariat de la police nationale" !

Et oui, si comme moi, vous n'avez pas le loisir de recevoir votre exemplaire de Mosaïque dans votre boîte-aux-lettres, because le digicode, si comme moi vous êtes une grosse feignasse et que vous n'êtes pas passé à la mairie ou à la bibliothèque pour aller y chercher un exemplaire gratuit, et si comme moi, vous vous dites que lire une page à l'écran ça va, mais que trente-trois : "ya basta" et bien sachez qu'on en trouve dans la salle d'attente du commissariat de police.

Puisque la veille au soir, je dus - aidé de mon épouse, mais ça ne nous était plus arrivé depuis fin octobre - expulser des petites frappes qui ont un tel sens du partage, qu'ils anticipent votre invitation à s'introduire dans votre copropriété et qu'ils poussent l'abnégation jusqu'à venir tenir en les murs (résidence privée et non jardin public ou hall de gare), sans rien attendre en retour de votre part, si ce n'est qu'un mutisme absolu quant à leur très odorante consommation et à leur infect commerce de haschich - je me dis qu'une visite dominicale au commissariat de police serait l'occasion de faire "d'une pierre deux coups". Ce que je fis, sans la moindre hésitation ; l'angélisme mièvre d'une certaine Gauche me révulsant tout autant que le sécuritarisme outrancier d'une certaine Droite, quant aux solutions à mettre en oeuvre pour assurer à chaque citoyen le droit de vivre, de recevoir du public, de travailler, de se déplacer, de se promener, de se divertir... en toute sécurité, et ce, quelle que soit le lieu où l'on se trouve sur le territoire communal et bien entendu, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit...

Bilan de l'opération : dans la main droite, le dernier numéro de Mosaïque ; dans la main gauche, une copie de ma déclaration sur le registre des mains courantes et, désormais ancrée au fond de ce qui me sert de centre névralgique de commandement de toutes mes pensées et de tous mes actes, la triste compassion ressentie pour toutes celles et pour tous ceux qui ont la très lourde tâche d'assurer la sécurité publique de tous les Colombiens et ce, quasiment seuls désormais, depuis la fonte inquiétante des effectifs de la police municipale...

Ce commissariat suinte le sous-équipement et le délabrement, tant du point du vue mobilier (angoissante la table basse à laquelle il manque une planche en face le bureau d'accueil de permanence) que de la décoration (ah ! la douce crasse scabieuse des sièges de la salle d'attente...). Les conditions d'entretien et d'hygiène semblent plus que douteuses, faute de moyens... Et la peinture sur les murs : j'hésite entre jaunasse et jaunâtre pour qualifier ce qui sert, vraisemblablement depuis les temps anciens, de revêtement décoratif et que quelques mouches facétieuses et rétives à toute forme d'autorité ont égayé de leurs fèces, dans un ultime acte de défiance (des fientes ?) à l'encontre des garants de la sécurité des biens et des personnes. Un rapide coup d'oeil à l'ordinateur de l'agent qui enregistrait ma déclaration me fit - pendant un instant - croire que j'étais retombé en adolescence : "ouah ! un TRS 80 de chez Tandy comme dans le film War games ! Mais non, ça devait être un vieux "Pentium II ou III". Triste spectacle qui me fit avoir une pensée de sympathie pour ces hommes et ces femmes qui risquent quotidiennement leur vie pour nous mais qui n'ont droit, pour seules conditions de travail qu'un commissariat dans état si déplorable que, finalement, on se demande si travailler dans les égoûts ou les Catacombes de Paris ne serait pas plus funky comme déco... Mais bon, sachons garder espoir, puisque dans le programme municipal de la Gauche rassemblée, c'était écrit (p. 14) :

"Nous demanderons au département de programmer la construction d'un commissariat fonctionnel, avec un accueil du public adapté."

Et comme c'est écrit, c'est que ça va se faire, non ? En attendant, si madame le ministre pouvait prévoir dans son budget 2010, un coup de peinture et le remplacement - au minimum - de la table basse et de chaises de l'accueil, ça serait déjà un bon début ! s'il lui reste un peu de sous, elle pourrait même faire une dotations de stylos-billes parce que là aussi, on sent - entre les collègues qui se regardaient les uns les autres avec suspicion, l'accusation de "voleur de mon bic à moi !" prête à sourdre, à chaque instant...

Enfin, je prends un virage à 180 degrés mais il faut bien justifier le titre de son billet, non ? Bon je sais, c'est long, trop long. Rassurez-vous : la torture est bientôt finie !

En page n° 11 de Mosaïque on trouve cette information :

"Suite à la mise en place de bornes escamotables automatiques, la partie commerçante de la rue des Vallées (entre les n° 29 et 41) ainsi que l'avenue Pauline (entre les n° 3 et 15) sont aujourd'hui piétonnes. Très attendu par les habitants et commerçants du quartier, ce nouvel espace de vie a été inauguré le mois dernier."

Un peu comme la rue de l'Orme, quoi ? Et si on faisait enfin pareil avec la rue Saint-Denis ? En conseil inter-quartiers (Centre-ville et Agent Sarre), nous déjà avions eu l'occasion de nous prononcer favorablement, sur la transformation prochaine en zone piétonne, du tronçon de la rue Saint-Denis compris entre la gare SNCF et la mercerie. Ce fut un "voeu" (quelqu'un pourrait suggérer une autre dénomination à la mairie parce que ça a un petit côté "Aladin et la lampe merveilleuse" ou "miracle à Lourdes") qui fera l'objet d'un point de l'ordre du jour d'une prochaine réunion du conseil municipal. Vouloir limiter la "piétonnisation" de la rue Saint-Denis à un tronçon aussi ridiculement petit, tient son explication des deux raisons suivantes :
  1. Certains commerçants pensent que leurs clients actuels ne viendraient plus faire leurs courses dans le centre-ville s'ils ne pouvaient plus se garer rue Saint-Denis (c'est bien connu : dans cette rue, on n'y trouve que de très grandes surfaces nécessitant d'immenses parcs de stationnement !),
  2. Les riverains, notamment ceux des rues perpendiculaires, ne pourraient plus passer par cette rue pour rentrer chez eux.
Comme vous l'aurez lu plus haut, les bornes mises en place dans le quartier des Vallées sont "escamotables". On imagine donc assez bien que dans certains cas, et je pense en particulier aux livraisons, à l'accès de véhicules d'urgence, et pour les riverains, il y aurait - rue Saint-Denis - moyen de trouver une solution identique, non ? 

Et vous ? ne pensez-vous pas que la rue de Colombes possédant la plus forte densité et plus grande fréquentation commerciale ne puisse devenir piétonne, elle aussi ?