Détail curieux : sur l'affiche Rama Yade était présentée comme conseillère municipale mais point comme secrétaire d'Etat aux Sports...

Pascal Simonin
, ancien de Bouygues, ex- directeur général du consortium Stade de France, actuel gérant de la sarl StadOme, société qui a pour objet la promotion immobilière d'équipements sportifs, était quant à lui annoncé comme étant le représentant du Racing-Métro 92. Effectivement, si l'on consulte le site de la Ligue nationale de rugby (LNR), on découvre qu'il figure également dans l'organigramme du club et qu'il s'y occuperait de... sécurité ! Enfin, si on va un peu se promener du côté de la Fédération française de handball, et qu'on y lit le compte-rendu de la réunion du comité directeur du 9 janvier 2009, on y apprend que M. Simonin va "aider [la FFHB] dans le cadre de [leur] réflexion sur la situation des locaux du siège de la FFHB" ! La messe serait-elle déjà dite ? En outre, si vous avez bien écouté ce qu'à dit la secrétaire d'Etat aux Sports, lors de l'inauguration de la nouvelle tribune du stade Yves-du-Manoir, vous vous souviendrez que la future Arena 92 (N.B. nom du futur stade à Nanterre du Racing-Métro 92) fait partie des "17 éligibles à l'Euro 2016 [de football] et des 5 restant à construire". Et qui fait également partie de la commission stade de la candidature française à l'organisation de l'Euro 2016 ? Du point de vue du Racing-Métro 92, comme de celui de la Fédération française de handball, ce monsieur semble être une personne précieuse.

Mais ce n'est pas tout. N'oublions pas que le stade olympique Yves-du-Manoir est - par l'intermédiaire du conseil général des Hauts-de-Seine - notre propriété à toutes et à tous. Il eut donc été normal que ce dernier envoie son principal représentant, à savoir son président. Bien qu'initialement annoncé (tout comme l'ancienne maire, d'ailleurs), Patrick Devedjian n'a pas pu/su/voulu être des nôtres. C'est dommage. Il aurait pu nous en dire plus mais également écouter ce que les gens - vous, moi, nous - aurions voulu lui dire. Mais visiblement, la démocratie locale semble être incompatible avec l'agenda d'un ministre de la Relance-président de conseil général. Petite question en passant : à quand le mandat unique ? Pour poursuivre mon propos, il y a un autre détail croustillant : l'influence prise par la ville... d'Antony dans ce dossier. Jugez plutôt : Joël Delplanque, président de la FFHB réside à Antony (ce n'est pas un secret d'Etat, son CV est disponible sur Internet, cf. p. 11). Mais ce n'est pas tout : le siège de la SASP Racing-Métro 92 est lui aussi situé à... Antony. Et qui a été maire d'Antony de 1989 à 2001 ? Hasard ou pas ? Mystère et boule-de-gomme !

Bilan de la soirée :

  • un Pascal Simonin qui balance un coup de massue final en déclarant que si le club ne pouvait pas concrétiser son projet d'Arena 92 à Nanterre, il quitterait purement et simplement le département : chantage d'un club qui reçoit pourtant des subventions départementales non négligeables ? Mais il l'avait déjà dit en 2008 ;
  • un Joël Delplanque qui, parce que Colombes a déjà eu par le passé un club avec des équipes masculines et féminines en première division (quand ? quel club ? il ne l'a pas précisé) se verrait bien dans sa grande halle, à Colombes ;
  • une Rama Yade-Monsieur Loyal qui a su - quasiment à l'ultime minute - endosser les habits de sa fonction de ministre en faisant l'annonce qu'elle demanderait l'appui de François Fillon pour qu'un projet différent de celui attendu par la FFHB soit développé : on ne parlerait plus d'une simple grande halle de handball mais elle a ressorti de son chapeau le bon vieux lapin à la naphtaline de halle "BHV" (basketball, handball et volleyball) qui était si cher à son prédécesseur, Bernard Laporte qui soit dit en passant fait désormais partie du conseil d'administration du... Stade français ! Ca ne semble être qu'une pierre qu'elle vient de déposer dans le jardin de Philippe Sarre et de Patrick Devedjian dont il se murmure que Jean Sarkozy convoiterait le siège : ça va être chaud à l'UMP une fois passées les prochaines élections cantonales ! ;
  • des élus PS et UMP qui pour une fois convergeaient dans une même direction, avec je le regrette, une capacité à enterrer toute solution alternative ;
  • un Alain Aubert qui a eu le mérite de se lever courageusement, vent debout contre sa propre famille politique et de donner des pistes techniques (tracé du futur métrophérique, tracé du futur T2, prolongement de la ligne 13 du métro...) qui mériteraient d'être creusées pour qu'un projet alternatif d'Arena 92 puisse être développé à Colombes. L'attachement qu'il a exprimé à sa ville - en toute indépendance d'esprit- l'honore ;
  • un Denis Butaye qui - au nom du MoDem - a insisté sur l'importance, tant du point de vue de la continuité de l'histoire du club et d'identité et de fierté communales, que de la manne en des termes économiques et fiscaux que représenterait pour notre ville, le maintien du Racing-Métro dans un stade Yves-du-Manoir transformé ;
  • un Yves Coscas (ex-maire adjoint au sports de la mandature Goueta) qui, avec un souci du détail auquel il faut rendre hommage, a su nous rappeler avec beaucoup d'émotion, les plus grandes heures du stade olympique Yves-du-Manoir (bon, il a oublié que le grand Emil Zàtopek y a pulvérisé le record du monde de l'heure en 195? mais comme je ne me souviens plus de l'année exacte, je ne lui lancerai pas la pierre !). Il a également rappellé avec une certaine malice que la ville avait une emprise sur les terrains attenants au stade, à proprement parler ;
  • un François-Régis Orizet, directeur Île-de-France de RFF qui visiblement ne sait pas que Colombes n'est pas desservie par deux gares (Centre-ville et Stade) mais par quatre, si l'on rajoute aux deux premières celle des Vallées et la seconde sortie, bel et bien située à Colombes, de la gare de la Garenne-Colombes qui pourraient être reliées au stade par un système de navettes directes, s'il y avait une réelle volonté politique, à l'instar de ce qui est pour l'instant pour le seul terminus de la ligne 13, des Courtilles au stade ;
  • un conseil général propriétaire du stade qui n'a même pas jugé utile d'envoyer un représentant officel (sur les trois conseillers généraux de Colombes, seul M. Lucas était là, mais il n'a rien dit. Mmes Goueta et Fritsch étaient aux abonnés absents).

Et last but not least ! On apprend dans le Midi olympique n° 191 (p. 27) que :

"[...] la Fédération française de rugby (FFR), liée au Consortium Stade de France depuis 1998, juge trop contraignantes - notamment en termes financiers - les conditions d'utilisation du SDF. Mercredi, Pierre Camou, président de la FFR, a officialisé son souhait de ne pas renouveler la fameuse convention, après son échéance en 2013. Il envisage la construction d'un stade du rugby français en Île-de-France qui serait la propriété de la FFR d'ici cinq à six ans. Serge Blanco mène l'étude."

Un projet dans lequel Colombes pourrait habilement se placer ?