Ayant déjà - comme plus de 100 000 démocrates de toutes orientations politiques - signé la pétition lancée par M. Christophe Grébert, conseiller municipal MoDem de Puteaux et animateur de nombreux blogs traitant de l'actualité altoséquanaise, je me suis dit "et pourquoi pas, après tout ?".

J'ai donc copié et collé la lettre-type, puis l'ai envoyée par courriel à Mme Goueta :

Madame le Conseiller général des Hauts-de-Seine,

Vous avez accepté, au sein du groupe de la « Majorité départementale » des Hauts-de-Seine, l’élection de Jean Sarkozy comme administrateur de l’Établissement public d’aménagement de la Défense (EPAD), afin qu’il en sollicite la présidence.

Je tiens à vous faire part de mon désaccord sur cette élection.

Présider un tel établissement demande expérience et compétence. Malgré les qualités personnelles de Jean Sarkozy, son jeune âge et son absence d'expérience professionnelle ne font pas de lui un candidat sérieux pour prétendre assurer le développement du territoire de la Défense et le représenter auprès des investisseurs internationaux.

D'autre part, à l’heure où tant de jeunes diplômés peinent à trouver un emploi, une telle élection me semble être une grave atteinte à nos valeurs républicaines.

Je vous demande donc instamment de renoncer à élire Jean Sarkozy à ce poste d'administrateur.

Dans l’espoir d’avoir été entendu, je vous prie de bien vouloir agréer, Madame le Conseiller général, mes salutations respectueuses.
Charles Ham

Voici la réponse de Mme Goueta :

Madame, Monsieur,

J'ai bien reçu votre mail me faisant part de votre désaccord de voir Jean Sarkozy à la présidence de l'EPAD.

Je tiens à vous faire savoir que la présidence de l'EPAD, occupée actuellement par Patrick Devedjian, président du conseil général et ministre de la Relance va se trouver libre, puisque les statuts limitent cette fonction à 65 ans.

Cette situation entraîne une nouvelle élection.

Au sein du conseil général, nous avons seulement 2 représentants qui siègent au conseil d'administration de l'EPAD. Le rôle des conseillers généraux est d'élire ces 2 représentants.

Quels sont les plus à même de siéger ?

M. Patrick Devedjian qui siègera en tant qu'administrateur et Jean Sarkozy en tant que président du groupe de la majorité départementale, investi dans le projet du Grand Paris.

M. Jean Sarkozy a déposé sa candidature et l'élection aura lieu le 23 octobre.

Puis, une deuxième étape sera à franchir, au sein même du conseil d'administration de l'EPAD.

Ce conseil d'Administration est constitué de 17 membres.  L'État y est majoritaire et y siègent notamment 9 représentants des collectivités de Courbevoie, de Puteaux et de Paris.

Il est impératif d'avoir un élu à la tête de l'EPAD, président bénévole, car il sera plus offensif que les fonctionnaires en termes d'orientations pour l'aménagement du site de la Défense et s'appuyera sur le directeur de l'EPAD et son équipe, nommés pour leur mise en œuvre concrète.

Jean Sarkozy, comme vous l'avez noté vous-même a des qualités humaines indéniables et la volonté politique, partagée par nous tous élus, d'améliorer les conditions de vie de ses concitoyens sur le département des Hauts-de-Seine.

De plus, sa neutralité, puisqu'il n'appartient à aucune des communes représentées dans le conseil d'administration de l'EPAD, est un atout supplémentaire. De même que sa jeunesse qui permettra son implication, au sein des projets menés, sur le long terme.

Si Jean Sarkozy est élu à la tête de l'EPAD, n'en doutez pas,  c'est qu'il aura été reconnu apte par ses pairs, en toute responsabilité et indépendance, pour mener à bien le projet de la Défense dans le cadre du Grand Paris par sa capacité à fédérer le conseil d'administration de l'EPAD, comme il a su si bien le faire à la présidence du groupe de la majorité départementale UMP et Nouveau Centre au conseil général des Hauts-de-Seine.

Bien à vous,

Nicole Goueta
Vice-Présidente à l'Aménagement du territoire
Conseiller municipal de Colombes

Si je sais gré à Mme Goueta d'avoir pris la peine de me répondre, je ne suis, pas plus que de nombreux électeurs du canton et de bien au-delà de ses étroites limites, convaincu par les arguments qu'elle développe tout à la fois fidèlement mais - hélas ! - aveuglément.

Car il est bien ici, dans cette affaire - et osons employer la formule d'affaire d'État - de fracture entre le "politique" et le citoyen - fût-il de gauche ou du centre ou de droite - surtout de droite, tel que cet article de Marianne le relate fort justement.

Le citoyen français est viscéralement attaché à la méritocratie - seul moteur de progression dans l'échelle sociale admissible par tous. C'est dans son patrimoine génétique et ce, depuis 1789 ! Remettre en cause - de facto - l'attribution, en raison des seules compétences professionnelles, techniques, humaines... et du seul mérite personnel, de postes à responsabilités et de postes tout court, au nom de liens de parenté avec quelqu'élu que ce soit, serait non seulement anti républicain, mais pire encore serait ouvertement bonapartiste !

Alors bien entendu, sachons raison garder. Officiellement, il s'agit ici d'une élection et non d'une nomination bananière du seul fait du prince. Soit. Néanmoins, les "je te démissionne mais je te recase daredare", qui au Conseil d'État, qui au Sénat... et les nominations à venir de plusieurs nouveaux membres au conseil d'administration de l'EPAD (cf. le dernier numéro du Canard enchaîné) ne sont pas de nature à garantir les meilleures conditions de transparence de cette "élection" qui semble n'avoir plus de raison d'être autrement que pour la forme. De toutes façons, le mal est fait : la France - si belle donneuse de leçons - est déjà la risée de la planète entière !

Le peuple, seul souverain légitime, devrait prendre cette affaire très cœur et ce, dans la perspective des toutes prochaines régionales (en 2010) puis des... cantonales (en 2011).

Pour conclure, rappelons à nos concitoyens, amateurs d'émission de télé-réalité ou de presse people, que la politique - qu'on le veuille ou non - a une incidence sur nos vies, et que le meilleur moyen de garder un pied dans ou d'aider certains de nos élus à garder un pied dans la réalité est justement... d'aller voter ; d'abord pour ce qui nous semble juste puis - selon les cas - contre ce qui nous semble être tout simplement immoral.

P.S. : En allant sur Le Monde, vous découvrirez les témoignages d'adhérents de l'UMP profondément choqués par la direction que prend leur parti, s'éloignant de plus en plus des rivages du gaullisme...