"[...] Et puis, c’est assez drôle de voir que les Colombiens ont voté pour des listes de gauche sans qu’aucun conseiller régional [N.B. de Colombes] n’ait été élu et que ce soit ceux qui ont perdu [N.B. l'UMP et ses alliés] qui représenteront la ville au Conseil régional !"

D'un point de vue pratique et pragmatique, elle a parfaitement raison. En effet, avec un Maurice Lobry - aujourd'hui premier adjoint au maire de Colombes - qui ne s'est pas représenté à son poste de conseiller régional et avec des candidats (Laurent Trupin, Guénola de la Seiglière, Joëlle Vasnier et Frédéric-Farid Sarkis) d'autres listes (MoDem, Parti socialiste et Europe écologie) qui n'ont pas passé le cap du premier tour (les deux premiers candidats), qui ont disparu de la liste du second tour (la troisième candidate) ou qui n'étaient pas en position éligible (le quatrième candidat), Rama Yade sera "la voix" de Colombes, au sein d'un conseil régional à majorité rose, verte et rouge.

Avoir voix au chapitre, ce n'est pas rien pour notre ville, même si cette voix sera - de facto - une voix minoritaire ; les Franciliens, les Altoséquanais et les Colombiens ayant, lors du second tour de dimanche dernier, préféré la liste de M. Huchon à celle de Mme Pécresse...

D'un autre côté, je reste convaincu de l'importance du mandat unique. Pour deux raisons évidentes :
  1. en exerçant un seul mandat d'élu à la fois, on assure une meilleure représentativité de la diversité de la population française ;
  2. une meilleure représentativité induit un renouvellement plus fréquent des élus et de la classe politique et donc, donne envie aux citoyens de s'intéresser - à nouveau - à la politique et contribue à éloigner l'abstention.

Par "diversité" je n'entends pas la seule appartenance à une "minorité visible", réelle ou supposée, ce serait trop réducteur... J'inclus également la diversité de genre (allez messieurs, faîtes un peu plus de place aux femmes !), la diversité professionnelle (enlevez tous les élus qui dans "la vraie vie" seraient qui fonctionnaires, qui chefs d'entreprises et qui professions libérales, et toutes nos assemblées nationales ou territoriales seraient désespérément... vides, ou presque !). Mais allons plus loin, en ajoutant la diversité physique : combien d'élus en situation de handicap ?

Bon, un copain toulousain, universitaire brillant, ancien rugbyman, et qui est actuellement - du dossier de son fauteuil roulant - en situation de "mobilité réduite" ou de "capacités restreintes", comme on dit au Québec - me reprocherait ce terme qui vient de l'anglais hand in cap (la main dans le chapeau). Mais à chaque jour suffit sa peine et nous aurons l'occasion d'en reparler...