Lorsque l'on lit le panneau qui, soit dit en passant, a remplacé le panneau d'affichage libre, on découvre que la "prairie" (bigre ! on a ça nous à Colombes ? Les Ingalls vont débouler avec leur chariot bâché, leur cabane et leur marmaille ?) - en fait un carré de verdure de quinze mètres sur dix - n'est fauchée qu'au minimum, histoire de ne pas commettre de véritable génocide sur la biodiversité d'icelle...

Au-delà, pour inciter les insectes à rester à Colombes et à surtout ne pas prendre de train "POPI" pour aller voir si, de Bécon-les-Bruyères à Paris, le casse-croûte ne serait pas meilleur, on a mandaté une association de réinsertion pour installer un hôtel à insectes. Cette association, dont j'ai oublié le nom, réinsère des personnes par le travail et plus particulièrement via des thématiques environnementales. On ne peut que la féliciter pour cette initiative, tant il est inutile de chercher à démontrer que la dignité retrouvée d'un homme par le travail, lorsqu'il peut en assumer un, vaut bien des "cellules de soutien psychologique" et autres allocations dispensées ici ou là.

Donc, c'est formidable : à la gare des Vallées, la biodiversité entomologique est garantie ! Mais pour quoi faire ? Mais oui ! Ecoutez plutôt... Faites une trentaine de mètres au bout du quai, passez devant l'abri en plexiglas, continuez une bonne vingtaine de mètres (en marchant dans le sens de la gare de La Garenne-Colombes) et, à peu près à la moitié de la longueur du mur, levez lentement les yeux et vous verrez... un pommier. Un beau et superbe pommier. Certes, il a perdu un peu de sa majesté (nous sommes quand même au mois de décembre !) mais je vous assure que d'août à septembre il a produit de magnifiques pommes, d'un rouge profond et aux rondeurs appétissantes ; et ce, malgré des branches partant dans tous les sens parce que jamais taillées, le tronc enserré progressivement par du lierre terrestre, l'étouffant peu à peu. Fin octobre, personne ne pouvant ou voulant cueillir ces pommes : même pas les merles !, elles ont fini par participer au grand cycle de la nature : se flétrir puis pourrir, progressivement. Pourquoi faire un hôtel à insectes, dont plusieurs sont des pollinisateurs naturels, si personne ne ne veut ou ne peut aller cueillir les fruits du pommier ? Être ou paraître ? Je vous laisse répondre...

De plus, revenons un peu au panneau d'affichage libre... Je m'interroge : pourquoi avoir ôté le bon vieux panneau d'affichage libre qui permettait aux artistes en herbe, aux diverses formations politiques, en bref à tout un chacun d'afficher des informations librement ? Pour l'instant sa structure métallique est posée dans un coin de la prairie écologique. Est-ce un concept à la manière d'Arne Quinze ? Ces tubes rouillés seront-ils - enfin - débarassés ? Notre panneau d'affichage libre sera-t-il enfin remplacé par un autre, tout neuf et tout fringant ? Espérons-le !

Enfin, si "mon" pommier pouvait parler, il me rappelerait que la fameuse passerelle de la gare des Vallées a fait couler tellement d'encre de la majorité et de son opposition confondues, pendant la campagne des élections municipales de 2008. Mais que s'est-il passé depuis ? Pas grand chose, malheureusement. Elle est toujours aussi désespérément "escalière", sale, délabrée, taguée, certaines des grilles ne remplissant plus leur fonction protectrice, constellée de mégôts - pas que de cigarettes d'ailleurs - et de canettes de mauvaise bière. Pourtant, on nous promettait Versailles...

Si les pommiers pouvaient parler...