Si les pommiers pouvaient parler
Par Charles le mardi 13 décembre 2011, 18:17 - Colomblablabla - Lien permanent
Lorsque l'on lit le panneau qui, soit dit en passant, a remplacé le panneau
d'affichage libre, on découvre que la "prairie" (bigre ! on a ça nous à
Colombes ? Les Ingalls vont débouler avec leur chariot bâché, leur cabane et
leur marmaille ?) - en fait un carré de verdure de quinze mètres sur dix -
n'est fauchée qu'au minimum, histoire de ne pas commettre de véritable génocide
sur la biodiversité d'icelle...
Au-delà, pour inciter les insectes à rester à Colombes et à surtout ne pas
prendre de train "POPI" pour aller voir si, de Bécon-les-Bruyères à Paris, le
casse-croûte ne serait pas meilleur, on a mandaté une association de
réinsertion pour installer un hôtel à insectes. Cette association, dont j'ai
oublié le nom, réinsère des personnes par le travail et plus particulièrement
via des thématiques environnementales. On ne peut que la féliciter pour cette
initiative, tant il est inutile de chercher à démontrer que la dignité
retrouvée d'un homme par le travail, lorsqu'il peut en assumer un, vaut bien
des "cellules de soutien psychologique" et autres allocations dispensées ici ou
là.
Donc, c'est formidable : à la gare des Vallées, la biodiversité entomologique
est garantie ! Mais pour quoi faire ? Mais oui ! Ecoutez plutôt... Faites une
trentaine de mètres au bout du quai, passez devant l'abri en plexiglas,
continuez une bonne vingtaine de mètres (en marchant dans le sens de la
gare de La Garenne-Colombes) et, à peu près à la moitié de la longueur du
mur, levez lentement les yeux et vous verrez... un pommier. Un beau et superbe
pommier. Certes, il a perdu un peu de sa majesté (nous sommes quand même au
mois de décembre !) mais je vous assure que d'août à septembre il a
produit de magnifiques pommes, d'un rouge profond et aux rondeurs appétissantes
; et ce, malgré des branches partant dans tous les sens parce que jamais
taillées, le tronc enserré progressivement par du lierre terrestre, l'étouffant
peu à peu. Fin octobre, personne ne pouvant ou voulant cueillir ces pommes :
même pas les merles !, elles ont fini par participer au grand cycle de la
nature : se flétrir puis pourrir, progressivement. Pourquoi faire un hôtel à
insectes, dont plusieurs sont des pollinisateurs naturels, si personne ne ne
veut ou ne peut aller cueillir les fruits du pommier ? Être ou paraître ? Je
vous laisse répondre...
De plus, revenons un peu au panneau d'affichage libre... Je m'interroge :
pourquoi avoir ôté le bon vieux panneau d'affichage libre qui permettait aux
artistes en herbe, aux diverses formations politiques, en bref à tout un chacun
d'afficher des informations librement ? Pour l'instant sa structure métallique
est posée dans un coin de la prairie écologique. Est-ce un concept à la manière
d'Arne Quinze ? Ces tubes rouillés
seront-ils - enfin - débarassés ? Notre panneau d'affichage libre sera-t-il
enfin remplacé par un autre, tout neuf et tout fringant ? Espérons-le !
Enfin, si "mon" pommier pouvait parler, il me rappelerait que la fameuse
passerelle de la gare des Vallées a fait couler tellement d'encre de la
majorité et de son opposition confondues, pendant la campagne des élections
municipales de 2008. Mais que s'est-il passé depuis ? Pas grand chose,
malheureusement. Elle est toujours aussi désespérément "escalière", sale,
délabrée, taguée, certaines des grilles ne remplissant plus leur fonction
protectrice, constellée de mégôts - pas que de cigarettes d'ailleurs - et de
canettes de mauvaise bière. Pourtant, on nous promettait Versailles...
Si les pommiers pouvaient parler...